Mara entend bien déployer ses centres de données sur le Vieux Continent, à commencer par l'Hexagone. Il espère séduire les acteurs du monde de l'énergie grâce à la capacité de ses data centers à moduler leur consommation électrique. De quoi favoriser leur acceptabilité qui s'annonce épineuse.Avec ou sans Exaion, la start-up d'EDF spécialiste des calculs haute performance, dans son portefeuille, Mara, le mastodonte du minage de Bitcoin, entend bien développer son activité en France. Et plus largement sur le Vieux Continent où il prévoit d'investir 5 milliards d'euros au cours des cinq prochaines années. « La décision de Mara de se développer en Europe a précédé l'opportunité de faire l'acquisition d'Exaion », a assuré Gérard Mestrallet, recruté par le géant américain comme conseiller, lors d'un échange avec la presse ce vendredi. Mais sans la filiale d'EDF, son développement sera moins rapide.
L'ancien PDG d'Engie, missionné pour faire aboutir cette transaction, s'est attaché à vanter les mérites du modèle Mara. Et ce, alors que le rachat d'Exaion fait actuellement l'objet d'une procédure de contrôle des investissements étrangers en France, après que Bercy s'est immiscé dans cette transaction sous la pression de politiques inquiets d'une perte de souveraineté.
Le groupe américain, qui attend le verdict d'ici le début du mois de novembre, mise tout particulièrement sur le marché tricolore pour se déployer outre-Atlantique. L'Hexagone compte « trois des cinq producteurs mondiaux de l'énergie avec EDF, Engie et TotalEnergies », souligne-t-on. Par ailleurs, la France présente à la fois un système électrique robuste et décarboné, des atouts clés pour le déploiement des data centers, au cœur de l'activité de Mara.
Une filiale française
Pour l'heure, l'entreprise, dirigée par le francophile et francophone Fred Thiel, ne communique pas de calendrier précis de sa feuille de route, mais les premiers centres de données dans l'Hexagone sont attendus d'ici à 2027. Dans cette optique, elle a d'ores et déjà créé une entité juridique tricolore, laquelle est dirigée par François Garcin, un entrepreneur de la finance formé à l'École Polytechnique. La gouvernance et le management seront français, promet-on alors qu'une cotation sur Euronext est déjà envisagée.