Alors que l’électrification des usages patine dans l’Hexagone, l’énergéticien cherche à attirer les acteurs du numérique pour écouler sa production nucléaire. Il vient ainsi de lever le voile sur trois sites prêts à l’emploi pour accueillir des data centers.EDF entend bien faire des data centers, devenus le nerf de la guerre dans la course à l'intelligence artificielle, un véritable relais de croissance. Le groupe tricolore mise en effet sur leur déploiement pour écouler sa production nucléaire, dans un contexte où l'électrification des usages, censée doper la demande en électricité, patine. Et ce, en raison d'une plus lente décarbonation de l'industrie, d'un marché de l'hydrogène encore inexistant et du plongeon des ventes de véhicules électriques en France.
Dans cette optique, l'électricien vient de lancer officiellement un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour accueillir, sur ses propres terrains, des centres de données dont la puissance sera supérieure à plusieurs centaines de mégawatts. Trois emplacements ont d'ores et déjà été identifiés.
L'un se trouve sur le site de Montereau-Vallée-de-la-Seine, en Seine-et-Marne, à une centaine de kilomètres au sud-est de Paris. Les deux autres se situent sur ceux de La Maxe et de Richemont, en Moselle. Des localisations qui pourraient attirer des data centers de forte puissance dédiés principalement à l'entraînement des algorithmes d'IA.
Trois autres sites à venir
En effet, ces infrastructures n'ont pas les mêmes contraintes en termes de délais de communication que les data centers classiques et peuvent donc se situer plus loin des centres d'affaires. Un changement de paradigme à l'heure où l'écrasante majorité des centres de données se situent aujourd'hui en Ile-de-France et, dans une moindre mesure, à Marseille, souvent présentée comme la « porte d'entrée » des grands câbles sous-marins de télécommunication reliant l'Europe aux autres continents.