Christian Estrosi bannit les gros bateaux de croisière près de Nice, les professionnels vent debout
latribune.fr
« La plaisance, oui, les immeubles flottants, non », a résumé le maire de Nice Christian Estrosi, après avoir signé un arrêté visant à interdire les gros bateaux de croisière près de Nice.
Reuters
Christian Estrosi bannit les gros bateaux de croisière près de Nice, les professionnels vent debout
Le maire de la capitale azuréenne a signé un arrêté afin que les bateaux de croisière de plus de 900 personnes renoncent à faire escale dans les eaux de sa métropole. Une victoire pour les écologistes. Un coup de tonnerre pour les professionnels de cette industrie.
Le maire de Nice Christian Estrosi (Horizons) a signé vendredi un arrêté dans une volonté de privilégier un « tourisme choisi » face à la menace du « surtourisme ».
Les navires de moins de 900 passagers, généralement beaucoup plus luxueux, restent en effet les bienvenus au port de Nice, où des aménagements sont en cours pour mieux les accueillir, avec en particulier une électrification qui devrait permettre de les obliger à stopper leur moteur pendant l'escale. Quelque 124 escales de ces navires d'une capacité allant de 32 à 700 passagers, sont programmées pour 2025.
« Une immense victoire » pour les élus écologistes
En revanche, les navires d'une capacité supérieure, qui mouillent actuellement dans la rade voisine de Villefranche-sur-Mer, ne seront plus les bienvenus. M. Estrosi n'a pas les pouvoirs d'interdire leur présence, mais l'arrêté qu'il a signé en tant que président de la métropole Nice Côte d'Azur -qui englobe les communes de la rade de Villefranche- leur interdit de débarquer des passagers en excursion et limite donc fortement l'intérêt des escales pour les compagnies.
Selon le site du port, près de 90 escales sont prévues dans la rade en 2025, dont les deux-tiers de navires de plus de 900 passagers. Et « il y a de la demande pour 300.000 passagers d'ici à 2026 », contre 160.000 en 2024, a assuré le maire. « La plaisance, oui, les immeubles flottants, non » , a-t-il résumé.
« C'est une immense victoire », ont réagi les élus écologistes qui réclament des mesures depuis des années. Même si l'arrêté risque de faire l'objet de recours de la part des compagnies ou de certains maires de la métropole, c'est « un pied dans la porte » et « un tournant décisif pour la qualité de vie, la santé publique et la protection de nos écosystèmes marins ».
Stupéfaction dans l'industrie des croisières
L'association internationale des compagnies de croisières (CLIA) s'est, elle déclarée samedi « stupéfaite » de la décision du maire de Nice. « Dans l'intérêt des acteurs de l'économie locale ainsi que des voyageurs qui souhaitent découvrir cette région, nous exhortons les autorités à reconsidérer cette décision », indique l'association dans un communiqué. De telles mesures « ne font que stigmatiser l'industrie des croisières » déplore la CLIA, et « n'apportent rien pour promouvoir un tourisme durable ».
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Les relations entre les bateaux de croisière et les maires sont compliquées sur la Côte d'Azur. Ainsi à Cannes, qui voit passer plus de 400.000 passagers par an, le maire LR David Lisnard, président de l'Association des maires de France, fustige régulièrement la présence des géants des mers mouillant au large de la Croisette et l'impuissance des maires au-delà d'une bande de 300 mètres.
En 2019, il a imposé une charte environnementale aux compagnies sous peine de bloquer les excursions de passagers. Il réclame désormais la possibilité pour les maires de communes littorales de pouvoir réguler le trafic sur un domaine maritime élargi et de créer une police environnementale susceptible de sanctionner toute infraction des paquebots.