Transports : du mieux sur le front des émissions de CO2

Transport & Environnement appelle Bruxelles à « garder le cap de la décarbonation.
Reuters

Transport & Environnement appelle Bruxelles à « garder le cap de la décarbonation.
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Il y a du mieux concernant les émissions de CO2 des transports sur le Vieux Continent. C'est du moins ce qui ressort de la dernière enquête annuelle de l'ONG Transport & Environnement (T&E). D'après ses chiffres, publiés lundi, le secteur a émis près de 1,05 milliard de tonnes de CO2 l'année dernière en Europe.
Ce niveau est peu ou prou similaire à ceux observés en 2022 et en 2023. Mais il est surtout en baisse de 5 % par rapport à 2019. Cette année est considérée comme une période de référence, puisqu'elle précède l'épidémie de Covid-19, durant laquelle les transports globalement ont été moins utilisés. Entre 1990 et 2019, les émissions du secteur demeurent, pour rappel, les seules à avoir progressé, avec une hausse de plus de 33 %.
Dans son enquête, T&E se félicite de la « baisse structurelle » des émissions actuelles. Ses responsables y voient la conséquence du pacte vert européen, et en particulier de sa politique visant à en finir, progressivement, avec les ventes de voitures thermiques neuves d'ici à 2035. Ce decrescendo « est surtout dû aux voitures électriques », juge, en effet, l'ONG qui milite pour la démocratisation de ces véhicules.
À l'en croire, les économies réalisées, en termes d'émissions de gaz à effet de serre, sont désormais significatives. « D'ici la fin 2025, il y aura environ 9 millions de véhicules à batteries sur les routes européennes, estime T&E. Sans cette électrification, près de 20 millions de tonnes de CO2 supplémentaires auraient été émises, soit l'équivalent de sept centrales à charbon. »
Si l'ONG loue « les tonnes de CO2 évitées dans le secteur routier », elle déplore que ces dernières soient « comblées » par « la croissance du secteur aérien ». T&E appelle, sans surprise, Bruxelles à « garder le cap de la décarbonation, voire l'accélérer, pour la prospérité et le bien-être de l'Europe et de ses citoyens ». L'organisation redoute notamment que la Commission européenne, sous la pression des constructeurs automobiles, revienne prochainement sur ses objectifs d'électrification.
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Au début du mois, T&E s'est notamment emporté contre la décision de Bruxelles d'écarter la menace d'amendes pour les Renault, Stellantis, Volkswagen et autres Mercedes, en cas de retard dans l'électrique. « L'UE risque de créer une incertitude très préjudiciable à la transition vers les véhicules électriques en Europe », avait, alors, dénoncé l'ONG. Interrogée par La Tribune, celle-ci argue que cette décision « va déboucher sur environ 880 000 véhicules électriques vendus en moins entre 2025 et 2027 ».
Autre problème : après plusieurs années de hausses, les ventes de voitures électriques ont marqué un coup d'arrêt en 2024. D'après les chiffres de l'ACEA, le lobby européen de l'automobile, leur part de marché est passée de 14,6 % en 2023, à 13,6 % en 2024. Leurs ventes ont globalement reculé de près de 6 %, à 1,45 million d'unités. Les constructeurs ont certes étoffé leurs offres, notamment sur le créneau des citadines. Mais ces dernières demeurent bien plus chères que leurs équivalents à motorisation thermique. Ce qui plombe encore la demande.
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En outre, la plupart des constructeurs européens ont récemment fait part de leurs intentions de doper leurs ventes de voitures hybrides - en clair des voitures thermiques avec une assistance électrique - dont les consommateurs sont aujourd'hui friands. Difficile, pour l'heure, d'évaluer les conséquences de cette stratégie sur les émissions globales de CO2.