HoloSolis s’apprête à faire entrer un actionnaire chinois à son capital, pour bénéficier de son savoir-faire en vue du lancement d’une usine géante de panneaux solaires. Le spécialiste des batteries ACC a aussi dû faire appel à des entreprises chinoises. Celles-ci sont également en avance dans l’hydrogène. Trois domaines où la France et l’Europe sont en quête de souveraineté…« La transition énergétique et la souveraineté industrielle vont de pair. » Telle est la devise de Marc Ferracci, le ministre de l'Industrie et de l'Énergie, alors que la France et l'Europe plus largement tentent de bâtir leurs propres filières industrielles vertes, en parallèle de leur sortie des hydrocarbures, très émetteurs de CO₂ et largement importés. Hors de question de « remplacer la dépendance aux énergies fossiles par une dépendance aux composants industriels », insiste-t-on au sein du gouvernement.
Dans cette optique, les pouvoirs publics ont accordé de généreuses subventions à de multiples acteurs afin de faire sortir de terre des gigafactories, ces usines géantes capables de produire des batteries, des électrolyseurs ou encore des panneaux solaires. Objectif : mettre fin à la dépendance de l'Hexagone vis-à-vis de la Chine. Seulement voilà, le déploiement de ces filières bas carbone se révèle bien plus ardu que prévu. Si bien que de plus en plus d'acteurs se résolvent à faire appel... aux Chinois.
Un actionnaire chinois au capital d'HoloSolis
C'est le cas notamment d'HoloSolis. Propulsée par la start-up studio InnoEnergy, l'entreprise a annoncé il y a un peu plus de deux ans, à l'occasion de Choose France, vouloir investir 850 millions d'euros pour construire à Hambach (Moselle) la plus grande gigafactory européenne de modules photovoltaïques. La mise en production de la première tranche est attendue pour le second semestre 2027 et l'usine de 180 000 m² devra produire, à terme, 10 millions de panneaux photovoltaïques. À la clé : la création de quelque 1 800 emplois. Reste que le plan de financement se fait attendre. « Un actionnaire chinois pourrait entrer au tour de table avant la fin de cette année », confie Bertrand Lecacheux, président d'Holosolis depuis fin mars, alors qu'une levée de 15 millions d'euros est en cours. Jusqu'à présent son actionnariat était à 100 % européen, avec à son capital InnoEnergy, le promoteur Idec, les industriels français Armor Group et TSE, ainsi que l'allemand Heraeus.
Juliette Raynal avec Olivier Mirguet