EXCLUSIF. L'entreprise belge John Cockerill s'est portée candidate à la reprise des activités de McPhy, cette société française de fabrication d'électrolyseurs en déroute financière. La date limite de dépôt des offres est fixée au vendredi 9 mai.
Alors que McPhy, cette société française de fabrication d'électrolyseurs (des engins permettant de générer de l'hydrogène bas carbone à partir d'eau et d'électricité) est officiellement à vendre, l'entreprise belge John Cockerill est candidate à la reprise de ses activités, selon nos informations.
Le président du tribunal de commerce de Belfort, où se trouve la gigafactory de McPhy inaugurée il y a presque un an, a en effet ouvert le jeudi 10 avril une procédure de consultation, et un appel d'offres pour une reprise a été lancé. Or, selon plusieurs sources exécutives et industrielles interrogées par La Tribune, son concurrent John Cockerill s'est d'ores et déjà manifesté. La date limite de dépôt des offres est fixée au vendredi 9 mai.
La gigafactory de Belfort, « un hangar vide »
Depuis plusieurs mois, McPhy rencontrait d'importantes difficultés financières. Son directeur général, Jean-Baptiste Lucas, a d'ailleurs démissionné il y a quelques jours pour « raisons personnelles ».
En début d'année, l'industriel avait signalé une baisse drastique de son chiffre d'affaires attendu pour 2024, révisé autour de 11 millions d'euros contre une fourchette entre 18 et 22 millions d'euros annoncée fin octobre. Ce qui s'était confirmé dans les résultats officiels, publiés le mois dernier.
La raison principale se trouve aux Pays-Bas, où McPhy devait équiper « le plus grand site de production d'hydrogène zéro carbone en Europe » à travers à un projet baptisé Djewels. Lancé par les entreprises néerlandaises Nouryon et Gasunie, il consistait à fournir un électrolyseur de 20 mégawatts (MW) générant 3 000 tonnes d'hydrogène par an afin d'alimenter un parc chimique comprenant notamment une usine de plastique. Soit la pièce la plus importante commandée à McPhy, et dont la fabrication était prévue dans l'usine italienne de San Miniato. Mais après des mois d'attente sans décision finale d'investissement, le flottement aura eu raison de la trésorerie de l'entreprise.
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