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ClimatEnergie & Environnement

Des milliers de milliards de dollars, la facture salée du réchauffement climatique

latribune.fr

Publié le 28 novembre 2023 à 06:14 - Mis à jour le 28 novembre 2023 à 06:14

L'un des enjeux majeurs de la COP28 est l'adoption d'un cadre pour le nouveau fonds des Nations unies destiné à aider les nations les plus pauvres à affronter les conséquences du changement climatique.

L'un des enjeux majeurs de la COP28 est l'adoption d'un cadre pour le nouveau fonds des Nations unies destiné à aider les nations les plus pauvres à affronter les conséquences du changement climatique.

Joel Kouam

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le changement climatique est responsable de la perte de milliers de milliards de dollars chaque année pour les économies mondiales, les pays les moins développés subissant l'immense majorité du fardeau, relève mardi une étude, quelques jours avant l'ouverture de la COP28 à Dubaï.

La température moyenne à la surface du globe a atteint des records sur les dix premiers mois de l'année qui devrait être la plus chaude jamais enregistrée en moyenne annuelle. Ce changement climatique a un coût : selon une étude conduite par l'université du Delaware, rien que sur 2022, à l'échelle mondiale, il a entraîné une perte de 6,3% du PIB pondéré en fonction de la population.

Lire aussiCOP28 : l'UE promet une « contribution financière » aux pays vulnérables au changement climatique

Ce chiffre prend en compte aussi bien les conséquences directes du changement climatique (sur l'agriculture, l'énergie ou encore la productivité des pays) mais aussi les retombées internationales et les pertes en matière d'investissements potentiels. Le pourcentage non-pondéré de la richesse mondiale perdue est de 1,8%, soit environ 1.500 milliards de dollars.

«La différence entre ces deux chiffres reflète la répartition inégale des impacts, qui se concentrent dans les pays à faible revenu et les régions tropicales, généralement plus peuplés et moins bien dotés en PIB», expliquent les auteurs du rapport dans un communiqué.

L'Asie du Sud-Est et l'Afrique australe sont particulièrement touchées

Les pays les moins avancés sont exposés à une perte moyenne de PIB de 8,3%, pondérée en fonction de la population. L'Asie du Sud-Est et l'Afrique australe sont particulièrement touchées, avec des pertes de respectivement 14,1% et 11,2%. A l'inverse, certains pays développés, notamment en Europe du Nord, ont vu leur PIB augmenter. Mais cela pourrait prochainement s'inverser, avertit l'étude, qui paraît deux jours avant le début de la 28e édition de la COP (conférences des parties) qui réunit du 30 novembre au 12 décembre les membres signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

L'un des enjeux majeurs qui y seront discutés est l'adoption d'un cadre pour le nouveau fonds des Nations unies destiné à aider les nations les plus pauvres à affronter les conséquences du changement climatique, comme cela a été décidé lors de la COP27. Ainsi, mi-novembre, l'Union européenne et ses membres ont annoncé préparer une « contribution financière substantielle » au fonds « pertes et dommages » climatiques, dédié à aider les pays vulnérables au changement climatique

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« Le monde s'est appauvri de milliers de milliards de dollars à cause du changement climatique, et la majeure partie de ce fardeau pèse sur les pays pauvres. J'espère que ces informations permettront de clarifier les défis auxquels de nombreux pays sont déjà confrontés aujourd'hui et le soutien dont ils ont besoin de toute urgence pour les relever », déclare James Rising, auteur de l'étude et professeur adjoint à l'université du Delaware. En combinant le PIB et les pertes de capital, l'analyse révèle que les pays à revenus faible ou intermédiaire ont subi une perte totale de 21.000 milliards de dollars depuis l'adoption de la convention de Rio en 1992. L'étude précise que ces pertes sont des « estimations prudentes » dans la mesure où d'importants impacts et pertes non-marchands ne sont pas pris en compte.

«Un cycle meurtrier» (ONU)

L'ONU estime que les pays en développement auront besoin de plus de 300 milliards de dollars par an d'ici à 2030 pour lutter contre les effets du changement climatique. On en est loin : dans son dernier rapport annuel sur le financement de l'adaptation climatique publié ce jeudi 2 novembre, l'organisation affirme que le financement des pays en développement a reculé de 15% en 2021 sur un an, signe que la lutte contre le changement climatique « patine ». Son secrétaire général, Antonio Guterres, a par ailleurs appelé lundi les dirigeants du monde à briser le « cycle meurtrier » du réchauffement et de ses impacts dévastateurs. « Nous sommes piégés dans un cycle meurtrier », a-t-il déclaré à la presse après un retour d'un déplacement en Antarctique. « La glace réfléchit les rayons du soleil. Quand elle disparaît, l'atmosphère terrestre absorbe plus de chaleur. Cela veut dire plus de réchauffement, donc plus de tempêtes, d'inondations, d'incendies et de sécheresses à travers le globe. Et plus de fonte, ce qui veut dire encore plus de réchauffement. »

Le pape présent à la COP28 pour défendre la cause des pays vulnérables

Le chef de l'ONU pourra compter sur le soutien du pape qui doit prononcer un discours très attendu devant la COP28 à Dubaï. Il devrait y dénoncer l'inaction des pays concernés et les inciter à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre. Il pourrait aussi avoir un rôle pour rétablir la confiance entre les pays vulnérables face au climat et les riches économies polluantes.

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Face aux pays qui augmentent plutôt que de réduire leur production d'énergies fossiles, « le pape se distingue comme quasiment une présence divine au milieu de hordes de pécheurs », observe le Pr Sverker Sörlin, spécialiste de l'environnement à l'Institut royal de technologie de Stockholm. « François ne pourra peut-être pas changer la donne au sommet, mais il pourrait être l'aiguille de la balance qui fera pencher les négociateurs dans la bonne direction », estime le scientifique, dont les propres travaux ont été cités par le pape. Le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques, dont plus de la moitié vivent dans des pays en développement, insiste depuis longtemps sur le lien entre le changement climatique et la pauvreté.

(Avec AFP)

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