« Personne ne peut dire, ni affirmer qu'on n'en trouvera pas de nouveaux [problèmes de corrosion, NDLR]. » Il « ne faut pas baisser la garde », notamment parce que « les réparations ont été faites à l'identique ». C'est le message qu'avait fait passer Bernard Doroszczuk, alors encore président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lors de sa dernière audition devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), en mai 2024.
Un an plus tard, cet avertissement sonne comme un mauvais présage. En effet, selon nos informations, les équipes d'EDF pourraient, de nouveau, faire face à un problème de corrosion sous contrainte sur le réacteur 2 de la centrale de Civaux (Vienne) au niveau de tronçons de tuyauteries et, plus particulièrement, des « coudes ayant déjà été changés », selon une source proche du dossier. Il s'agirait « d'amorçage de corrosion sous contrainte », c'est-à-dire « du début du phénomène ». « La question d'un arrêt technique prolongé se pose », rapporte cette même source. Et ce, alors que le deuxième réacteur de Civaux, d'une puissance de 1 450 mégawatts (MW), est à l'arrêt depuis le 5 avril, dans le cadre d'une opération de maintenance programmée pour une visite partielle et le rechargement du combustible.
Contactée par la rédaction, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) confirme la présence de « deux indications de corrosion sous contrainte ». Cela signifie que les signaux identifiés laissent penser à de la corrosion sous contrainte. « Une indication est un signal (typiquement un écho pour des contrôles par ultrason) mettant en évidence la possible présence d'un défaut dans le matériau contrôlé », précise l'ASNR. Des analyses actuellement réalisées par l'exploitant doivent permettre de confirmer la nature de ces indications. EDF indique, pour sa part, qu'une « expertise est en cours sur des tuyauteries, conformément au programme de contrôles 2025 définis dans la stratégie de traitement de la corrosion sous contrainte ». L'électricien ajoute ne pas disposer « à ce stade des résultats ».