Face aux dérives, la Normandie suspend ses aides à la méthanisation
Nathalie Jourdan
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La Normandie abrite 188 méthaniseurs et une bonne cinquantaine de projets en attente
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La Normandie abrite 188 méthaniseurs et une bonne cinquantaine de projets en attente
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Coup de semonce pour la filière biogaz. Depuis la semaine dernière, la Région Normandie ne verse plus un centime aux nouveaux projets de méthanisation qui lui sont soumis. Rien, nada, nous assure t-on. Par ricochet, les aides européennes du Feder pour ce secteur gérées par ses soins sont également suspendues jusqu'à nouvel ordre. La raison invoquée ? Le déficit de contrôles pour encadrer cette filière en très forte expansion.
La Région pointe en particulier le recours croissant de certains exploitants à des cultures alimentaires en lieu et place des effluents (fumier, lisier...) ou des déchets que les méthaniseurs sont censés transformer. « La méthanisation doit être au service de l'agriculture et non l'inverse », résume Hubert Dejean de la Bathie, vice-président en charge de la transition écologique et énergétique.
La polémique n'est pas nouvelle. Le détournement de la production agricole à des fins énergétiques est régulièrement dénoncé par les associations écologistes et par des collectifs militants. Mais c'est la première fois à notre connaissance qu'une collectivité adopte des mesures coercitives. Pour justifier cette décision inédite, son président invoque une montée en puissance du phénomène.
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Hervé Morin incrimine notamment l'utilisation abusive du maïs -une plante connue pour son super pouvoir méthanogène- en contradiction avec la réglementation française. Pour rappel, un décret datant de 2017 interdit d'utiliser plus de 15% de cultures alimentaires à des fins de production de biogaz.
Nathalie Jourdan