Malgré la redoutable concurrence chinoise, c'est finalement une entreprise vendéenne qui va œuvrer sur le futur parc éolien des îles d'Yeu et Noirmoutier. Ce mardi 10 octobre, Siemens Gamesa, le fournisseur des 62 éoliennes, a signé au conseil départemental de la Vendée un contrat avec le groupe Defontaine (130 millions d'euros de chiffre d'affaires) et sa filiale Rollix, dont 40% de son activité est généré par l'éolien. Laquelle fournira depuis son usine de La Bruffière en Vendée les couronnes d'orientation pour les éoliennes offshore. Ce contrat représentera pour elle une augmentation du chiffre d'affaires éolien de 10% sur les deux prochaines années.
« C'est un moment plus qu'important pour le département de la Vendée », a réagi son président Alain Leboeuf. Ce dernier a poussé depuis la signature du contrat en 2014 avec l'Etat pour que le choix se porte sur une entreprise locale et non chinoise, espérant des retombées économiques pour son territoire. Malgré quelques inquiétudes qui entourent ce projet, notamment chez les marins pêcheurs, « il fallait que nous acceptions un projet qui soit visible depuis les côtes. Mais avec une contrepartie. Il n'y aura pas de transition énergétique sans qu'il y ait de la croissance sur le territoire », insiste l'édile.
A ses côtés, Marc Hirt, directeur général d'Ocean Winds France, développeur majoritaire du parc EMYN, se félicite de cet aboutissement. Il faut dire que la finalisation de ce contrat était attendue depuis plus d'un an.
«
C'est un projet de longue haleine. Il fallait avoir toutes les autorisations administratives, purger tous les recours mais aussi financer ce projet... Nous avons attendu d'avoir fait le closing financier [l'ensemble des accords de financement ont été signés le 5 avril 2023 -
ndlr] et d'avoir la commande. Il fallait que la signature de ce contrat intervienne au plus tard cet automne pour être dans le calendrier. Aujourd'hui, c'est le bon moment ! », justifie Frédéric Petit, président de Siemens Gamesa France. Et d'ajouter :
« Il y a aussi des enjeux de compétition de la concurrence chinoise.
S'aligner sur les prix chinois n'est pas accessible pour Rollix », poursuit-il tout en reconnaissant, sur un plan technique, le savoir-faire de la société vendéenne.