Alors que l’Arenh, ce dispositif qui oblige EDF à vendre une partie de sa production à un prix inférieur à ses coûts de production, disparaîtra en 2026, les industriels les plus gourmands en électricité s’inquiètent. Le nouveau mécanisme proposé par l’énergéticien sera moins protecteur. Et peine à trouver preneur.« Pendant des décennies, on a pu bénéficier d'une électricité nucléaire très compétitive pour produire des molécules. C'est grâce à ça que se sont développées certaines filières stratégiques dans le pays, comme le chlore, se souvient Magali Smets, directrice générale de la fédération France Chimie. Mais tout cela risque de changer. »
Que se passe-t-il dans les entreprises énergo-intensives, de l'aciérie à la chimie en passant par la métallurgie ou l'aluminium ? Depuis des mois, les cris d'alarme s'enchaînent : sans électricité bon marché — qui représente 15 à 50 % de leurs coûts de revient —, gare aux futures fermetures de sites, répètent plusieurs d'entre elles.
Un bras de fer semble même s'être engagé avec EDF. Au point que l'Uniden (Union des industries utilisatrices d'énergie) a appelé vendredi l'opérateur historique « à ne pas tourner le dos à l'industrie française ». Et pour cause : cette dernière serait « affaiblie » par la politique actuelle d'EDF, a ajouté l'ancien ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur X (ex-Twitter).
Un cadre « post-Arenh » plus souple pour EDF
Pourtant, aujourd'hui encore, les industriels profitent de conditions très avantageuses : grâce au mécanisme de l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), ils peuvent acheter plus de la moitié de l'électricité qu'ils consomment à 42 euros le mégawattheure (MWh) auprès d'EDF. Un prix inférieur aux coûts de production du parc, et bien éloigné des cours observés sur le marché pendant la crise, lesquels flirtaient autour de 150 euros/MWh. Le but : leur offrir un cadre stable et attractif afin de résister à la concurrence internationale.