Le président américain ne cache pas son opposition aux éoliennes et aux panneaux solaires. Mais il n’est pas parvenu à faire inscrire dans la loi la suppression des subventions à ces installations, mises en place par son prédécesseur, d’ici à la fin de son mandat. Et pour cause, le sujet fait débat dans son propre camp.Ce qui est fait peut être défait. En détricotant l'Inflation Reduction Act (IRA), le vaste plan d'investissement de son prédécesseur Joe Biden, Donald Trump a montré qu'il était capable de faire dérailler un train lancé à pleine vitesse vers le déploiement des énergies renouvelables outre-Atlantique. Son « Big Beautiful Act », adopté début juillet grâce au vote des Républicains, prévoit en effet de supprimer des dizaines de milliards de dollars de crédits d'impôts pour les projets éoliens et solaires, jusqu'ici permis par la feuille de route démocrate.
Et pourtant, depuis un mois, les signaux contradictoires s'enchaînent. Le 1er juillet, Engie a annoncé finaliser sa décision d'investissement pour trois projets éoliens et solaires terrestres aux États-Unis, représentant 1,1 gigawatt (GW) de capacité, grâce à une meilleure « visibilité ». Surtout, ni les énergéticiens européens présents dans le pays, ni les constructeurs de panneaux photovoltaïques et de géants à pales, ne tirent officiellement la sonnette d'alarme. Et pour cause : « Par rapport à la proposition initiale de Trump, on se rend compte que l'IRA est en partie préservée, malgré l'affichage politique », affirme un développeur de projets solaires ayant requis l'anonymat.
« La législation finale s'apparente à un compromis. Elle offre une transition plus viable pour certaines compagnies », abonde auprès de La Tribune Lynn Abramson, présidente du Clean Energy Business Network, un réseau de plus de 3 000 chefs d'entreprise travaillant dans l'économie « propre ». « Ce projet de loi a évité certaines dispositions très dommageables », ajoute-t-on au SEIA, le syndicat national des industries de l'énergie solaire aux États-Unis.
Encore d'importants ajustements à venir
Dans la proposition d'origine, seuls les champs éoliens ou solaires dont la construction débutait 60 jours maximum après la promulgation de la loi, et achevés d'ici à 2028 au plus tard, auraient continué de bénéficier des crédits d'impôt de l'IRA. Finalement, pour toucher les subventions, la première pierre devra être posée dans les 365 jours suivant l'adoption, c'est-à-dire jusqu'au 4 juillet 2026, et les développeurs disposeront de quatre ans pour terminer les travaux. Jusqu'en 2030, les perspectives des industrie solaire et éolienne aux États-Unis seront ainsi en « croissance continue », pointe l'université Columbia. « Le calendrier s'est resserré mais l'IRA ne s'est pas arrêté, ce qui est rassurant », glisse la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor.