Hier, pour sa première journée de cotation à Wall Street, le titre de la startup spécialisée dans la fabrication de petits réacteurs nucléaires à fission, a brutalement chuté. En fin de journée hier, le titre a perdu près de 54% de sa valeur.
Une journée que le patron d'OpenAI, habitué à gagner ses paris dans l'IA, n'est pas prêt d'oublier... Vendredi, le cours d'Oklo, une de ses start-ups spécialisée, elle, dans l'énergie nucléaire, a brutalement chuté pour sa première journée de cotation à Wall Street. Vers 21h49 hier (heure de Paris), le titre a lâché 53,89% à 8,40 dollars.
Créée en 2013 par des anciens du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) et présidé par Sam Altman, Oklo s'est introduit en Bourse en fusionnant avec AltC Acquisition Corp, une société déjà cotée, de type une SPAC (« special purpose acquisition company », ndlr). Ce genre de structure est de permettre à une autre d'entrer à Wall Street par le biais d'une union.
Lors de l'annonce de son introduction en Bourse au mois de juillet, le prix de l'action d'AltC s'était envolé, prenant plus de 72%. Mais c'était sans compter le risque de forte volatilité des opérations impliquant des SPAC. Ces structures sont en effet davantage exposées à la spéculation que des introductions en Bourse classiques.
Un premier réacteur dont la construction est entravée
Impliqué dans plusieurs secteurs de pointe, Sam Altman a investi dans Oklo en 2015, dont il contrôle directement environ 3% du capital. Depuis sa fusion avec AltC, la jeune pousse a déjà réussi à lever 306 millions de dollars. Et l'objectif de cette opération en Bourse est à l'origine de lever 500 millions de dollars supplémentaires.
La startup de l'énergie prévoit de construire des petits réacteurs nucléaires à fission, aussi appelés SMR (« small modular reactors », ndlr). Leurs délais de réalisation sont théoriquement plus réduits que ceux des centrales traditionnelles et ils peuvent être installés plus facilement dans des zones reculées.
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Selon Oklo, cette modularité est une solution adéquate « pour les clients tels que les centres de données, les services publics, les installations de défense, les communautés, les usines et les sites industriels ». Par ailleurs, Oklo veut aussi proposer un service de recyclage du combustible nucléaire.
Le premier réacteur censé être inauguré par Oklo est baptisé « Aurora ». Sa mise en service est théoriquement prévue en 2026 ou 2027. Mais aujourd'hui, la startup ne dispose pas encore de site pour l'installer. En janvier 2022, elle s'est vue refuser un permis de construction d'un SMR dans l'Etat d'Idaho aux Etats-Unis par l'Agence américaine de régulation du nucléaire (NRC). La NRC a retoqué cette candidature notamment du fait d'un manque d'informations sur les risques d'accidents et les réponses prévues en pareil cas.
En juillet dernier, lors de l'annonce de la future opération financière d'Oklo, Sam Altman avait déclaré : « Les deux ingrédients les plus importants d'un avenir prometteur sont l'abondance d'intelligence et d'énergie. Je m'intéresse depuis longtemps au potentiel que présente le nucléaire pour créer de l'énergie propre, fiable et abordable à grande échelle. »
Un serial entrepreneur trentenaire... déjà milliardaire
Patron trentenaire, Samuel Altman s'est fait connaître avec le lancement par OpenAI, en novembre 2022, une société technologique à l'origine de ChatGPT, une interface d'intelligence artificielle dite générative, qui peut créer du texte sur demande en langage courant. Depuis son lancement OpenAI est valorisé environ 80 milliards de dollars et la société est soutenue par le géant de l'informatique Microsoft.
Selon le magazine américain Forbes, Sam Altman est désormais milliardaire, mais sa fortune proviendrait d'autres investissements qu'OpenAI, dont le jeune homme affirme ne détenir aucune part. Aujourd'hui, le patrimoine de l'entrepreneur de 38 ans provient notamment de participations au capital du réseau social Reddit, dont les fonds qu'il a créés contrôlent près de 8%, pour une valorisation totale de près de 600 millions de dollars.
L'ancien étudiant en informatique de l'université de Stanford a aussi misé sur le spécialiste des paiements Stripe, dont la valorisation est aujourd'hui estimée à 65 milliards de dollars, avant une possible entrée en Bourse. Dans un billet de blog publié en 2014, il affirmait avoir multiplié par 100 son investissement dans cinq sociétés, dont Stripe.
Le serial-entrepreneur a aussi pris des participations directes dans plusieurs start-up, mais s'appuie aussi sur la société d'investissement Hydrazine Capital, qu'il a cofondée en 2012, ainsi qu'Apollo Projects, créée avec ses frères Max et Jack.