EXCLUSIF – Lancé par une start-up financière française lundi prochain, un actif financier permettra aux particuliers d’investir dans un marché uniquement réservé aux entreprises et aux professionnels de la finance.
C'est inédit en France et bon pour le climat. Ce lundi 16 septembre, les citoyens français pourront acheter leur tout premier quota-carbone sur le marché européen qui lui est dédié. Un actif financier, qui, jusqu'à aujourd'hui n'était réservé qu'à des acteurs professionnels, les entreprises ou les financiers.
A l'origine de cette initiative : Homaio, une start-up financière tricolore lancée en septembre 2023 par Valentin Lautier, un multi-entrepreneur engagé pour le climat, et formé à HEC. Opérationnel en 2005, dans la foulée du protocole climat de Kyoto, le système européen d'échange de quotas d'émissions (SEQE), « est peu connu du grand public, et pourtant il est très efficace pour faire baisser les émissions de CO2 des entreprises les plus émettrices dans l'UE », souligne le fondateur d'Homaio. Ce dernier a eu le déclic, après avoir lu un article du Financial Times sur le sujet, il y a quelques années.
Pollueur-payeur
Comment fonctionne ce marché du CO2 ? Selon la Commission européenne, ce système est basé sur le principe « pollueur-payeur ». Il permet l'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre. Concrètement, les industries se voient fixer un plafond d'émissions plus bas que leur niveau d'émissions réel. Si celles-ci s'avèrent inférieures à ce quota, l'exploitant peut revendre son droit à émettre non utilisé. Dans le cas contraire, il doit en acheter.
Depuis son lancement, le SEQE a permis de faire baisser de 47% les émissions carbonées dans l'UE, et ses revenus cumulés sont estimés par Bruxelles à 83,5 milliards d'euros entre 2012 et mi-2021.
Y sont soumis légalement un peu plus de 10.000 entreprises opérant dans l'UE. Toutes sont issues de secteurs bien identifiés : l'énergie, l'industrie lourde (sidérurgie, ciment, acier, aluminium, engrais, hydrogène, etc), l'aviation et les transports maritimes. A noter que ce marché carbone européen possède une quantité limitée de quotas, diminuant chaque année. Un principe qui joue sur le prix de l'actif, grâce à la loi économique de l'offre et la demande. Objectif final visé : plus le prix du quota est élevé, plus cela coûte cher aux entreprises, et in fine, plus elles sont incitées à se décarboner.
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