Alors même que la France produisait suffisamment d'électricité pour subvenir à ses besoins, la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, a repris du service ce mardi. La hausse des prix sur les marchés a incité son opérateur, GazelEnergie, à la redémarrer.En pleine COP29, la conférence internationale sur le climat qui s'est ouverte lundi à Bakou (Azerbaïdjan), c'est un signal troublant : le charbon a fait son retour dans le mix français. La centrale Emile Huchet à Saint-Avold (Moselle), l'un des deux sites de l'Hexagone qui permet de convertir la roche fossile en électricité, a repris du service mardi. Et continue de fonctionner ce mercredi, malgré l'empreinte carbone catastrophique de cette source d'énergie.
Pourtant, le gestionnaire du réseau d'électricité, RTE, est formel : la France dispose d'assez d'électricité pour fonctionner sans cette installation, a précisé l'organisme à la presse. Et pour cause : l'équation s'est inversée depuis la crise de 2022 et 2023. Importateur net à l'époque, le pays est désormais « en situation de battre son record d'exports nets » de courant sur l'année, et ne risque pas - sauf conjonction d'événements exceptionnels - de manquer d'électricité cet hiver.
Mieux encore, cette électricité émet peu de gaz à effet de serre, grâce à un parc nucléaire « performant », des barrages « remplis », un niveau satisfaisant d'éolien et de solaire mais aussi une baisse de la consommation, a fait valoir RTE. Dans ces conditions presque optimales, pourquoi donc redémarrer une centrale polluante, au risque de faire monter les prix et de dégrader le bilan carbone ?
Flambée des prix
En réalité, cette production sert pour l'export, puisque la France envoie massivement de l'électricité en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Belgique ou encore en Grande-Bretagne. RTE n'organise pas ces échanges, même s'il est chargé d'assurer à tout moment l'équilibre entre l'offre et la demande : il s'agit là d'un phénomène « classique » lié au fonctionnement du marché. Depuis quelques jours, les prix de l'électricité grimpent en Europe sur les marchés au comptant, où le courant est acheté et vendu en gros entre les producteurs d'électricité (générateurs/centrales électriques) et les fournisseurs d'électricité (détaillants/services publics).