Le stockage d'électricité est-il le chaînon manquant de la stratégie énergétique de la France ? Alors que le gouvernement a ouvert lundi une consultation publique sur sa feuille de route en matière de nucléaire, d'éolien, de solaire ou encore de biomasse pour les dix prochaines années, ce sujet fait figure de grand absent. Pourtant, il permettrait d'atténuer l'imprévisibilité des énergies renouvelables, notamment du photovoltaïque, dont la part devrait exploser avec une multiplication jusqu'à 6 fois de la puissance installée. Et pour cause : cette source d'énergie ne produit pas suffisamment lors des périodes de pics de demande, et trop lors de périodes plus creuses.
« Il s'agit d'un vrai trou du dispositif », estime un fournisseur d'énergie ayant requis l'anonymat. « C'est une occasion manquée », ajoute Michael Salomon, PDG de Clean Horizon, une société de conseil qui travaille exclusivement sur le stockage de l'énergie.
En effet, le document mis sur la table, qui devrait donner lieu à la publication d'un décret en 2025, livre d'importantes ambitions pour chaque infrastructure de production (nucléaire, éolien, solaire, biomasse, hydraulique...), mais reste muet sur le stockage par batteries. Il y a quelques semaines pourtant, des sources à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) disaient attendre des orientations en la matière. Néanmoins, selon nos informations, l'exécutif préfère rester dans une posture de « neutralité technologique », c'est-à-dire qu'il ne souhaite pas favoriser cette filière plutôt qu'une autre pour pallier l'intermittence des renouvelables. Dit autrement, il serait également possible de recourir à des centrales à gaz à la pointe, ou encore de décaler les consommations pour les concentrer lorsque le soleil brille, par exemple.