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Royaume-Uni: 43 milliards d'euros réclamés au procès de la rupture d'un barrage minier au Brésil

latribune.fr

Publié le 21 octobre 2024 à 10:30 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:40

Suite à la rupture du barrage, une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques s'était répandue sur 650 kilomètres le long du fleuve Rio Doce, jusqu'à l'océan Atlantique.

Suite à la rupture du barrage, une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques s'était répandue sur 650 kilomètres le long du fleuve Rio Doce, jusqu'à l'océan Atlantique.

Ricardo Moraes

Le Quotidien Numérique

22 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le procès pour déterminer la responsabilité du géant minier australien BHP dans la rupture dévastatrice d'un barrage de résidus toxiques en 2015 au Brésil commence ce lundi à Londres. Il pourrait ouvrir la voie à 43 milliards d'euros d'indemnisation pour les plus de 620.000 plaignants.

C'est un procès civil XXL qui s'ouvre ce lundi contre le géant minier australien BHP devant la justice britannique. Prévu jusqu'au mois de mars prochain, il doit permettre de déterminer l'éventuelle responsabilité du groupe concernant la rupture d'un barrage de déchets miniers survenu le 5 novembre 2015 au Brésil, près de la ville de Mariana, dans l'État de Minas Gerais, situé au sud-est du pays. L'édifice retenait les résidus d'une mine de fer appartenant à Samarco, société brésilienne détenue conjointement par le brésilien Vale et l'australien BHP. Ce dernier avait à l'époque deux sièges mondiaux, dont l'un à Londres, d'où ce procès dans la capitale britannique.

Suite à la rupture du barrage, une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques s'était répandue sur 650 kilomètres le long du fleuve Rio Doce, jusqu'à l'océan Atlantique. Au total, près de 40 millions de mètres cubes de boues toxiques, un volume équivalent à 12.000 piscines olympiques, s'étaient déversées provoquant une catastrophe écologique, tuant des milliers d'animaux et dévastant des zones de forêt tropical protégée. Les conséquences humaines se sont aussi révélées extrêmement lourdes : 19 personnes ont perdu la vie, 600 ont vu leur maison être emportées et environ 280.000 ont été privés d'accès à l'eau.

Le volet britannique a été ouvert« car BHP, Vale, mais aussi le gouvernement et les institutions judiciaires du Brésil ont échoué lamentablement à garantir une réparation juste et adéquate aux victimes »,a dénoncé la semaine dernière Tom Goodhead, directeur général de Pogust Goodhead, le cabinet londonien des plaignants.

Un avis partagé par Monica dos Santos, avocate qui travaille comme conseillère technique pour une organisation de défense des victimes. « Nous espérons vraiment que la justice anglaise fera ce que la justice brésilienne n'a pas fait jusqu'à présent », a expliqué à l'AFP celle dont la famille a aussi perdu sa maison dans la catastrophe.

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620.000 plaignants

Le montant des dommages et intérêts réclamés promet d'être gigantesque. Il est évalué « à 36 milliards de livres » (43 milliards d'euros) par les avocats des plaignants. Il faut dire que ces derniers sont en nombre : plus de 620.000, dont 46 municipalités brésiliennes, des entreprises et plusieurs peuples autochtones.

Pour Monica dos Santos, pas de doute : la compagnie minière« savait que le barrage avait des problèmes et savait ce qu'il fallait faire et elle ne l'a tout simplement pas fait ».

BHP, de son côté, se dit « pleinement conscient des impacts » de la catastrophe et « inébranlable » dans sa volonté d'indemnisation. Mais le géant minier juge ce procès britannique « inutile », estimant l'affaire « déjà couverte » par les procédures brésiliennes. Selon le groupe, plus de 430.000 personnes ont déjà reçu une compensation via la fondation Renova, qui gère les programmes d'indemnisation et de réhabilitation au Brésil, dont plus de 200.000 plaignants qui font partie du procès à Londres. Ce que dément Tom Goodhead. Selon lui, la majorité des personnes indemnisées à ce jour au Brésil n'ont reçu « que quelques centaines de livres ».

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La décision de la justice britannique n'est pas attendue avant le 2e trimestre de l'an prochain, selon BHP. Si sa responsabilité était reconnue, un autre procès serait organisé, sans doute fin 2026, pour évaluer le montant des dommages de chaque plaignant.

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Proposition d'indemnisation de près de 30 milliards d'euros

En parallèle, vendredi dernier, soit trois jours avant l'ouverture de ce procès britannique, BHP et Vale ont revu à la hausse une proposition globale d'indemnisation faite à la justice brésilienne, qu'ils négocient depuis des années avec les autorités dans l'espoir de mettre fin aux procédures judiciaires à leur encontre. Les deux groupes proposent désormais 170 milliards de réais (environ 27,7 milliards d'euros) d'indemnisations, compensations et autres réparations, contre environ 20,6 milliards d'euros offerts en avril dernier.

Dans le détail, quelque 16,2 milliards d'euros seraient dévolus aux autorités locales sur 20 ans, ainsi que 5,1 milliards d'euros à d'autres initiatives pour l'indemnisation des individus, le relogement et la restauration de l'environnement. Le reste - plus de 6 milliards d'euros - est destiné à être investis dans des projets de réparations et de compensations, ont ajouté les deux géants miniers.

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Une proposition qui « n'est pas faite par bonté d'âme » mais parce que les entreprises pensent « s'en sortir en payant moins au Brésil », fustige Tom Goodhead. D'autres procédures civiles sont par ailleurs aussi en cours aux Pays-Bas et en Australie ainsi qu'une au pénal au Brésil.

(Avec AFP)

latribune.fr

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