TotalEnergies étend ses activités au Royaume-Uni et rachète une centrale électrique au gaz
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La major française souhaite se renforcer dans son activité de production d'électricité.
STEPHANE MAHE
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La major française souhaite se renforcer dans son activité de production d'électricité.
STEPHANE MAHE
Le groupe pétrogazier TotalEnergies a annoncé mercredi le rachat d'une centrale à gaz au Royaume-Uni, une opération d'un montant de 530 millions d'euros qui doit permettre au géant français de se renforcer dans son activité de production d'électricité.
West Burton Energy opère la centrale à gaz « West Burton B », située en Angleterre, dans le comté de Nottinghamshire. Dotée d'une capacité totale de 1,3 gigawatts (GW) répartie sur trois turbines, elle alimente quelque 1,8 million de foyers. Mise en service en 2013, cette centrale était opérée par EDF jusqu'en 2021 et sa vente au fonds d'investissement EIG.
TotalEnergies dit ainsi ajouter à sa capacité de production d'électricité « des actifs flexibles palliant l'intermittence des renouvelables et permettant ainsi de fournir une électricité disponible 24h/24 à ses clients », a indiqué le groupe, qui a notamment une participation de 25,5% ans dans le plus grand parc éolien offshore d'Ecosse, Seagreen. Dans sa stratégie, TotalEnergies met en avant le rôle de la production d'électricité à partir de gaz en complément de l'électricité renouvelable, par nature intermittente. La production des énergies renouvelables est en effet variable, en fonction de l'ensoleillement et du vent.
Dans le pays, le groupe évalue son besoin en capacité de production d'électricité à partir de combustible gaz à 700 MW, et prévoit donc en conséquence de céder 50% de ces actifs à terme, a-t-il précisé. Avec cette acquisition, TotalEnergies détiendra 12 centrales thermiques à gaz en Europe dont 6 sont situées en France, 1 en Belgique et 2 en Espagne, a précisé un porte-parole du groupe à l'AFP. Hors Europe, le groupe détient 3 sites au Texas. L'opération permet ainsi à TotalEnergies de « porter son portefeuille mondial de production d'électricité flexible à environ 7 GW de capacité brute, en parallèle de sa capacité de production renouvelable brute qui s'élève à 23 GW », selon le communiqué.
Le groupe n'arrête pas pour autant d'investir dans l'électricité renouvelable. Au niveau mondial, TotalEnergies indique disposer fin 2023 d'une capacité brute de production d'électricité renouvelable de 22 GW, et viser 35 GW en 2025 et une production nette d'électricité de plus de 100 TWh à horizon 2030.
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A noter, le 23 mai, la major a annoncé avoir atteint une capacité totale en France de 2 gigawatts (GW) dans la production d'électricité renouvelable. De quoi alimenter 1,8 million de personnes. Ce cap a été franchi avec l'inauguration, dans la Marne du parc de Vents de la Moivre, son plus grand parc éolien en France (63 mégawatts), avait indiqué le groupe à la veille de son assemblée générale annuelle.
Rien que dans l'Hexagone, le groupe a investi près de 400 millions de dollars dans les renouvelables en 2023. Il y vise une production nette de plus de 4 TWh d'électricité verte à l'horizon 2030, contre 2,6 TWh produits en 2023, admettant cependant un retard par rapport à ses ambitions du début des années 2020.
Après avoir d'abord acheté des parcs, le groupe explique développer désormais ses propres projets, fort de quelque 600 collaborateurs spécialisés dans l'Hexagone. « Nous travaillons avec des collectivités locales, des agriculteurs avec Ombrea, et des clients industriels comme Renault Trucks ou L'Oréal dans le solaire sur toitures », explique-t-il, ajoutant que cette électricité sert aussi à alimenter ses raffineries ou ses 21.000 points de recharge pour véhicules électriques.
Si la multinationale française a opéré une diversification dans l'électricité renouvelable, elle reste malgré tout très critiquée pour la poursuite de ses investissements dans les énergies fossiles, néfastes pour le climat. En 2023, TotalEnergies a notamment annoncé des projets ou acquisitions en Namibie, au Suriname et au Brésil, et il s'est renforcé aux Etats-Unis dans le gaz liquéfié (GNL), une énergie très convoitée par l'Europe qui cherche à remplacer le gaz russe.
En septembre dernier, le groupe s'était aussi attiré les critiques en annonçant vouloir augmenter sa production d'hydrocarbures de 2 à 3% par an dans les cinq prochaines années, tandis que plusieurs énergéticiens comme Shell et BP ont annoncé en 2023 une révision en baisse ou un retard dans certains de leurs objectifs de transition énergétique.
Mis sous pression par les militants du climat et des droits humains, le groupe est visé par plusieurs actions judiciaires contre sa stratégie ou contre ses projets gaziers et pétroliers, dont le très controversé « projet Tilenga/Eacop », en Ouganda et en Tanzanie.
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Reste que, malgré l'importante mobilisation des ONG environnementales et des activistes climatiques, les actionnaires ont validé le bilan de Patrick Pouyanné lors de la dernière assemblée générale du groupe. Le 24 mai, 75,73% d'entre eux ont voté en faveur du renouvellement de son mandat pour trois années supplémentaires en tant que président du conseil d'administration de TotalEnergies. Une fonction qu'il cumule avec celle de directeur général de l'entreprise. Le vote de cette résolution était au cœur des débats précédant l'AG. En effet, plusieurs investisseurs avaient appelé à voter contre pour s'opposer directement à la stratégie climatique de l'entreprise, non alignée avec l'objectif de l'accord de Paris, consistant à contenir le réchauffement climatique à 1,5 degré.
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