TotalEnergies : la stratégie de rachat d’actions en question
Juliette Raynal
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Le résultat net ajusté de TotalEnergies ressort à 3,6 milliards de dollars pour la période avril-juin 2025, en recul de plus de 23 % sur un an et de 15 % par rapport au premier trimestre de l’année.
La major a vu sa rentabilité largement reculer au deuxième trimestre 2025, sous l’effet de la faiblesse des prix du pétrole. Si cette performance reste conforme aux attentes, TotalEnergies doit désormais faire face à une montée de son endettement, alimentée par son programme de rachat d’actions. Une stratégie qui interroge dans un contexte de marché incertain.
TotalEnergies a publié ce matin des résultats en nette baisse, plombés par la faiblesse des prix du pétrole. Son résultat net ajusté, la référence pour les majors pétro-gazières, ressort ainsi à 3,6 milliards de dollars pour la période avril-juin 2025, en recul de plus de 23 % sur un an. TotalEnergies enregistre ainsi sa plus faible performance trimestrielle en quatre ans, relève l'agence Reuters.
« Ces performances restent toutefois en ligne avec les attentes du marché, ce qui démontre la résilience du groupe », nuance Ahmed Ben Salem, analyste Oil&Gas chez Oddo BHF. « Par ailleurs, ses flux de trésorerie n'ont diminué que de 5 %, alors que le prix du pétrole est en baisse de 10 % », souligne-t-il.
Hausse de l'endettement
En réalité, plus que la baisse de la rentabilité de la multinationale, le marché s'interroge aujourd'hui sur la viabilité du programme de rachat d'actions du groupe, qui s'effectue désormais au détriment de son endettement. Généralisée chez les grandes majors du secteur, cette pratique consiste pour une entreprise à acquérir ses propres titres afin de soutenir le cours de Bourse. En détruisant les actions acquises, l'entreprise augmente mécaniquement la valeur boursière de chaque action restante. Une manière, donc, de prendre soin de ses investisseurs, qui bénéficient par là même d'un dividende plus important.
Seulement voilà, « TotalEnergies fait désormais appel à son bilan » pour maintenir ce programme. « Ce qui contribue à faire augmenter le taux d'endettement » de la multinationale, pointe Ahmed Ben Salem. « Au 30 juin 2025, le ratio d'endettement était de 17,9 %, contre 14,3 % au 31 mars 2025 et 10,2 % il y a un an », retrace-t-il. « Le marché va donc se poser la question de jusqu'à quand TotalEnergies peut maintenir cette stratégie ? », estime l'analyste financier, alors que le cours de l'action reculait de 1,8 % en Bourse ce jeudi matin.
« Aucune des majors ne veut être la première à y mettre fin », avance Ahmed Ben Salem. De surcroît, « TotalEnergies a une réputation à protéger. Pendant le Covid, c'est la seule à ne pas avoir coupé la distribution de dividendes », rappelle-t-il. Au deuxième trimestre de l'année, l'entreprise dirigée par Patrick Pouyanné a redistribué 54 % de ses flux de trésorerie aux actionnaires. À l'automne 2024, le PDG avait annoncé vouloir procéder, en 2025, à des rachats d'actions « à raison de 2 milliards de dollars par trimestre » si tant est que les « conditions de marchés » soient « raisonnables ».
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