« La fête est finie », constate amèrement Cyrille Gohier, délégué CFE-CGC chez GE. Assis à la table d'un café jouxtant la gare de Nantes, le représentant syndical, les traits tirés, a du mal à cacher son abattement et son inquiétude. Cela fait tout juste une semaine qu'il a pris connaissance d'une nouvelle fracassante : GE Vernova, qui rassemble les activités énergétiques de l'américain General Electric, prévoit la suppression de 360 postes sur son site de Montoir-de-Bretagne, situé à quelques kilomètres de Saint-Nazaire, et celui de Saint-Herblain, dans la banlieue immédiate de Nantes (Loire-Atlantique). Le premier, dédié à la fabrication des nacelles des éoliennes en mer, devrait perdre 140 postes, et le second, dédié à l'ingénierie, 220.
« Nous savions qu'un PSE allait tomber, donc ce n'était pas une surprise. Par contre, son ampleur, oui ! Chez nous, cela représente 60% des effectifs ! », s'insurge Cyrille Gohier, actuellement responsable de la documentation des projets offshore wind de GE et basé sur le site de Saint-Herblain.« Nous pensions qu'un maximum de 150 postes pouvaient être concernés. Ce PSE est d'une toute autre ampleur. »
Pourtant, deux ans auparavant, quasiment jour pour jour, l'industrie de ces moulins à vent géants était placée sous le feu des projecteurs. A moins d'une heure de là, à Saint-Nazaire, Emmanuel Macron inaugurait le premier parc offshore français. « Ce parc contribue à la reprise en main de notre avenir énergétique », avait-il partagé sur le réseau social X (anciennement Twitter), le 22 septembre 2022. Alors que la France et l'Europe se préparaient à l'hypothèse de passer un premier hiver sans gaz russe, le chef de l'Etat n'avait pas manqué de souligner les enjeux de souveraineté énergétique et vantait la dimension locale de ce premier parc. « C'est 3.500 emplois créés pendant la construction à Saint-Nazaire, dont 1.200 emplois locaux sur terre et en mer », faisait-il valoir.