« Face au plastique, le bois, le verre ou la laine sont les solutions d'avenir » (Rosalie Mann)

Laurence Bottero
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Rosalie Mann, fondatrice de l’ONG No More Plastic.
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Rosalie Mann, fondatrice de l’ONG No More Plastic.
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LA TRIBUNE - Le traité négocié actuellement à Busan, en Corée, est-il, selon vous, un bon signal envoyé au monde concernant la pollution plastique ?
ROSALIE MANN - Enfin, nous en parlons ! Mais avec 50 ans de retard... Car dès 1970, les effets néfastes du plastique sur la santé étaient connus. Ce traité a le bénéfice de mettre le sujet sur la table, mais n'oublions pas que plus de 200 lobbyistes sont également sur place. Cela est compréhensible : l'industrie du plastique, c'est l'industrie du pétrole et du gaz. Avec la transition énergétique, cette industrie se tourne vers le recyclage, vers la production de polymères afin de ne pas perdre de parts de marché. Or, le plastique est aujourd'hui introduit dans la bouche de nos enfants, dans notre quotidien. Le citoyen a une vision positive du recyclage. Mais cela fait plus de 30 ans que l'on fait peser la charge du recyclage sur le citoyen, alors que le véritable sujet c'est la production intensive de plastique.
Le traité de Busan compte encourager l'utilisation de plastique recyclé dans les nouveaux produits. Mais pour vous, il s'agit d'une hérésie...
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Utiliser du plastique recyclé n'est pas une solution, c'est même pire puisqu'un plastique recyclé est encore plus dangereux qu'un plastique originel. Comme le dit Nathalie Gontard (directrice de recherche à l'INRAE et autrice de « Plastique, le grand emballement », NDLR), le plastique ne se recycle pas, il se décycle. On ne refait pas une bouteille d'eau en plastique à partir d'une autre bouteille d'eau en plastique mais en usant plusieurs bouteilles en plastique. Le recyclage fermé ne fonctionne pas. On ne vit pas à l'ère numérique mais à l'ère du plastique. On consomme le plastique sans modération.
Laurence Bottero