Forte de son mix électrique très décarboné et d'un solde d'exportation record (89 térawattheures en 2024), d'un réseau électrique particulièrement stable, mais aussi d'un écosystème de l'IA qui repose sur des acteurs d'envergure mondiale, la France ambitionne d'y attirer de nombreux data centers. En juin dernier, une étude de France Datacenter évaluait à 28 000 emplois directs et quelque 5 milliards d'euros les retombées directes et induites de ce secteur, jouissant depuis 2018 d'une croissance sept fois supérieure à celle de l'économie française. Mais les annonces faites dans le cadre du Sommet mondial pour l'IA, organisé à Paris cette semaine, constituent un véritable changement d'échelle, puisqu'une part significative des 109 milliards d'euros d'investissements annoncés devait être dédiée à l'implantation de data centers, notamment sur 35 sites « prêts à l'emploi ». Ce déploiement peut-il se faire dans des conditions de durabilité acceptable ?
Preuve que cet enjeu progresse dans le débat public, un Forum pour l'IA durable, organisé par le ministère de la Transition écologique, lui était dédié pour la première fois dans le cadre du sommet mondial. De nombreux aspects y ont été abordés : empreinte environnementale limitée (consommation d'énergie, d'eau, de foncier, émissions de CO2 associées) ; transparence accrue, notamment concernant la consommation énergétique réelle, mais aussi usages ciblés utiles à la préservation de l'environnement, ou encore recherche d'inclusivité afin de ne pas accroître encore la fracture numérique.