Quels enseignements tirer du « jour du dépassement » ?
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L'agriculture intensive contribue à la déforestation mondiale
Reuters
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L'agriculture intensive contribue à la déforestation mondiale
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Comme chaque année depuis 2006, le Global Footprint Network, en partenariat avec le WWF, annonce le « Jour du dépassement de la Terre », « Earth overshoot day » en version originale.
Cette date met en regard l'empreinte écologique de l'humanité et la biocapacité de la planète, c'est-à-dire l'ensemble des ressources que la Terre peut produire en une année. Si elle tombait le 31 décembre, cela signifierait que la situation est équilibrée. Mais on en est loin, puisque depuis une dizaine d'années, le jour du dépassement survient en plein été. Ce 1er août précisément cette année. Ce qui signifie qu'à compter d'aujourd'hui, nous puisons dans les ressources terrestres sans que notre planète ne puisse absorber les impacts environnementaux négatifs. Pour régénérer ce que l'humanité consomme, il nous faudrait 1,75 Terre en termes de surface.
En effet, cet indicateur repose sur un calcul tenant compte des surfaces nécessaires aux cultures, aux pâturages, aux forêts cultivées en vue de produire du bois, aux espaces bâtis, aux zones de pêche et aux espaces forestiers qui servent de puits de carbone. A l'échelle mondiale, la biocapacité s'établit à 12 milliards d'hectares quand il en faudrait 21 milliards pour satisfaire à nos besoins collectifs. Ou, plus exactement, à notre consommation collective actuelle. Comme d'autres, cet indicateur prête le flanc à la critique. Ainsi, il ne tient pas compte de certaines limites planétaires telles que l'acidification des océans, qui nuit fortement à leur capacité à absorber le CO2. Ni de certains types de pollutions, notamment plastique et chimique.
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Ce concept de limites planétaires, formalisé il y a 15 ans par des scientifiques regroupés autour du suédois Johan Rockström, définit un écosystème sûr pour l'habitabilité de la planète, délimité par neuf seuils à ne pas franchir dans les domaines suivants : le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l'azote et du phosphore, le changement d'usage des sols, l'utilisation de l'eau douce, l'acidification des océans, l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique, l'augmentation des aérosols dans l'atmosphère, l'introduction d'entités nouvelles dans la biosphère. Pour mémoire, six de ces limites ont d'ores et déjà été franchies.