Le propriétaire d'une maison fissurée par le retrait-gonflement d'argile (RGA) ; une habitante de Mayotte victime des pénuries d'eau potable ; un agriculteur du Pas-de-Calais dont l'exploitation a été inondée huit fois en quatre mois... Autant de victimes du changement climatique qui se sont rapprochées de collectifs tels qu'« Association Urgence Maisons Fissurées », « Mayotte a soif », « Ghett'up » ou encore « Locataires Ensemble » et des associations de l'Affaire du Siècle (Oxfam France, Notre Affaire à tous, Greenpeace France) pour intenter un recours inédit en Europe. C'est en effet la première fois qu'un État y est attaqué pour défaut de protection de sa population face aux effets du changement climatique.
Les plaignants rappellent que près de deux Français sur trois sont fortement exposés aux risques climatiques, qu'un quart de la population vit en zone inondable et que la moitié des maisons individuelles (soit 11 millions de maisons) sont menacées de se fissurer en raison du phénomène de retrait-gonflement des argiles.
Ce 8 avril, ils adressent à l'État une demande préalable, réclamant au gouvernement de réviser le Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) et d'adopter un ensemble de mesures destinées à assurer, ou renforcer, l'adaptation de la France à celui-ci. Sous réserve de réponses positives aux demandes des sinistrés et des associations, ils saisiront le Conseil d'État à l'expiration du délai légal de deux mois.