Climat : l'Affaire du siècle appelle les citoyens à témoigner

 |   |  462  mots
Sur les réseaux sociaux ou le site de l'association, les citoyens pourront partager leurs observations à propos de phénomènes tels que la hausse des températures, la multiplication des événements climatiques extrêmes, l'érosion des côtes etc.
Sur les réseaux sociaux ou le site de l'association, les citoyens pourront partager leurs observations à propos de phénomènes tels que la hausse des températures, la multiplication des événements climatiques extrêmes, l'érosion des côtes etc. (Crédits : Pascal Rossignol)
Les quatre ONG qui ont lancé il y a un an cette initiative, pointant du doigt l'inaction de l'Etat en matière climatique, veulent désormais construire une cartographie des impacts des changements climatiques du point de vue des Français.

Un an après son lancement, l'initiative l'Affaire du siècle franchit un palier supplémentaire. Les associations Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme, Greenpeace France et Oxfam France, qui le 17 décembre 2018 avaient annoncé leur volonté d'attaquer l'État français en justice pour inaction face à l'urgence climatique, lancent un appel à témoignages sur la réalité du changement climatique en France.

Bien que la pétition soutenant cette initiative ait obtenu en quelques semaines plus de 2 millions de signatures, et malgré le recours contre l'Etat déposé en mars par les quatre ONG devant le tribunal administratif de Paris, à ce jour "aucune réaction de l'État et aucune décision à la hauteur du défi climatique n'est constatée", dénoncent-elles dans un communiqué.

Un retard de plus d'un tiers de siècle

Selon leurs estimations, "au rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre constaté depuis 2015, la France atteindrait les objectifs qu'elle s'est fixés qu'avec un retard de plus d'un tiers de siècle..."

L'objectif européen de réduire les gaz à effet de serre (GES) de 55% en 2030, soutenu par Emmanuel Macron, ne serait en effet atteint en France qu'en 2059. Et la neutralité carbone à l'horizon 2050, consacrée par la loi énergie-climat votée en septembre 2019, ne serait obtenue qu'en 2093, précisent les associations.

Elles déplorent par ailleurs la décision de la France ne pas rehausser l'objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% avant 2030, ce qui non seulement ne permettra pas de respecter l'Accord de Paris, mais va également à l'encontre de l'engagement du gouvernement au niveau européen.

62 % des Français exposés fortement à des risques climatiques

En attendant le jugement sur le recours, qui ne sera sans doute pas prononcé avant 2021, 2020 sera donc l'année de la collecte de témoignages citoyens. L'objectif est de construire une cartographie des impacts des changements climatiques en France du point de vue des citoyens.

"En effet, selon l'ONERC (Observatoire national sur les effets du changement climatique), 62 % de la population française est exposée de manière forte ou très forte à des risques climatiques", souligne le communiqué de presse.

Les citoyens pourront s'exprimer sur les réseaux sociaux (#TémoinDuClimat) ou sur le site de l'Affaire du Siècle. Ils pourront partager leurs observations sur des phénomènes tels que la hausse des températures, la multiplication des événements climatiques extrêmes, l'érosion des côtes etc., ainsi que sur les conséquences sur leur santé, leur logement, leurs revenus... Sous réserve de l'accord des témoins, l'Affaire du siècle compte aussi les utiliser dans la procédure judiciaire en cours, afin de corroborer ses reproches contre l'Etat.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/12/2019 à 8:22 :
C'est bien de dénoncer mais c'est mieux de proposer des solutions concrètes et de ce côté là c'est silence!
a écrit le 18/12/2019 à 23:09 :
Quelle foutaise. De l'éthique de la conviction financée par des subventions, qui débouche sur de l'émotion dans le vide. Le truc de l'époque quoi, du toc en bloc.
a écrit le 18/12/2019 à 16:00 :
Ca fait depuis les années 80 que l'on parle d'urgence climatique et le climat ne change pas. Les catastrophes annoncées ne sont pas arrivées.
Toute l'industrie a déjà fui hors de France. Les normes sont de plus en plus restrictives. Qu'est ce qu'il faut de plus ? Quand est ce que l'autodestruction de notre pays s'arrêtera ?
a écrit le 18/12/2019 à 10:56 :
Le bluff du re réchauffement climatique a assez duré. Nous on veut du diesel pas cher. La bagnole électrique hors prix cest un luxe de friqués et un bonne occasion pour les lobbies de la bagnole de refaire la fortune des gros actionnaires.
a écrit le 18/12/2019 à 10:46 :
A moins d'être "aveugles" , nous sommes tous observateurs plus ou moins avisés et surtout sensibilisés à ce qui se passe en terme de climat.J'habite dans le Nord et depuis 3 ans , nous sommes ... en arrêté sécheresse !
Cette année , nous avons eu DEUX canicules avec un pic de chaleur inédit le 25 juillets dernier avec 41,3° !
Plus au sud , les habitants des Pyrénées Atlantique , du Var , des Alpes Maritime ont vécu ces dernières semaines des phénomènes pluvieux d'une ampleur inédite !
Quand je parle avec des agriculteurs qui sont les premiers observateurs des changements opérés et sans qu'ils soient nécessairement engagés dans une agriculture respectant l'environnement (malheureusement) , le constat est impressionnant ! Ils sont unanimes !
Dernièrement , un horticulteur de la banlieue de Lille a dit que désormais on pourrait planter des plantes méditerranéennes dans le Nord !
Bref , le changement est engagé mais celui-ci risque de nous être fatale car saurons-nous en capacité de résister ???
a écrit le 18/12/2019 à 10:00 :
""aucune réaction de l'État et aucune décision à la hauteur du défi climatique n'est constatée","

C'est parce que vous ne vous adressez pas aux bonnes personnes, vous faites comme si on était en démocratie, comme si les politiciens pouvaient influer sur l'économie alors que c'est l'inverse, c'est la finance qui influence nos politiciens.

Adressez vous aux bonnes personnes, montrez les du doigt et vous aurez de suite des résultats ! Mais nos politiciens sont trop faible, de simples intermédiaires, des boucs émissaires, (très) bien payés pour encaisser.

Mais déjà, est-ce que ce commentaire va passer ? :-)
a écrit le 18/12/2019 à 9:15 :
Pour enrayer le réchauffement climatique, il ne faut pas "faire" des choses, if faut "s'abstenir" de faire des choses. S'abstenir de faire trop d'enfants, s'abstenir de voyager, s'abstenir de consommer. Donc parler "'d'inaction de l'Etat en matière climatique", c'est un peu raisonner à l'envers. Moins l'état en fera, mieux ça vaudra.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :