Fret maritime : le transport à la voile trace son sillon
Florence Falvy
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L’aile Wisamo de Michelin a été choisie par le chantier Socarenam pour équiper le patrouilleur de nouvelle génération de la Direction des Affaires Maritimes de la Pêche et de l'Aquaculture française.
Quelque 1.600 navires pourraient être équipés d’une propulsion à voile d'ici à 2030. Alors que le carnet de commandes continue de s’étoffer, la filière vélique « passe un cap ».
La coopérative du transport maritime à la voile Windcoop lance la construction de son premier cargo qui sera opérationnel dès 2027 sur une première ligne entre la France et Madagascar. Cette année, Heol démarre aussi la construction d'un voilier cargo 100% autonome capable de transporter 50 tonnes de marchandises par trajet. L'armement Eco Trans Océan annonce quant à lui un projet de construction d'un navire à propulsion hybride pour relier Saint-Malo et la Polynésie française.
Si la filière de la propulsion à voile (aussi appelée filière vélique) est encore émergente, ces projets qui se concrétisent montrent qu'elle « passe un cap », dixit Antoine Adam, chef de projet au sein de l'agence de développement économique à mission Nantes Saint-Nazaire développement à l'occasion de Wind for Goods, l'événement international du transport à la voile, les 19 et 20 juin à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
Au stade de l'image 3D il y a encore deux ans, les projets entrent aujourd'hui dans une phase opérationnelle. « Cette fois, on est dans le concret, dans un déploiement à grande échelle », confirme-t-il.
Une filière qui, selon lui, a son rôle à jouer dans la décarbonation du transport maritime responsable de 3% des émissions mondiales de CO2. Les dernières mesures réglementaires fixées par l'Organisation maritime internationale (OPI), en avril dernier, fixent pour objectif des émissions nettes nulles avant ou vers 2050.
Un constat partagé par Lise Détrimont, la déléguée générale de Wind Ship qui fédère une soixantaine d'entreprises tricolores dédiée au transport vélique. « La propulsion vélique n'est plus un rêve, c'est une réalité industrielle. À date, 69 grands navires de charge sont équipés de gréements véliques dans le monde. 120 navires sont en commande. En France, onze navires sont déjà en opération, quinze en commande, trois usines ont ouvert à Caen, Lanester et Saint-Nazaire et plus de 1.100 emplois ont été créés. La filière vise 1.600 navires, 4.600 emplois et 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires à horizon 2030 puis 30.000 navires, 23.500 emplois et 7,7 milliards d'euros en 2050 », résume-t-elle lors d'une conférence de presse, précisant qu'une proposition de loi a été déposée début juin à l'Assemblée nationale, soutenue à ce jour par 77 députés, pour « accélérer » le transport maritime à la voile. Pour autant, Lise Détrimont déplore un manque d'aides.
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