Clap de fin pour l’Unoc : quelques avancées et une polémique

Dominique Pialot
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Les ONG reprochent au gouvernement français de céder aux pêcheurs (photo d’illustration).
SARAH MEYSSONNIER

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Les ONG reprochent au gouvernement français de céder aux pêcheurs (photo d’illustration).
SARAH MEYSSONNIER
La déclaration politique finale publiée cet après-midi n'a surpris personne. Consensuelle, elle était négociée de longue date entre les États présents à l'Unoc et sans grand enjeu. Cette conférence des Nations unies sur les océans n'étant ni une COP, ni une enceinte de négociation formelle, « son intérêt résidait plutôt dans les avancées sur les processus adjacents contraignants, les négociations bilatérales et la création de coalitions », a décrypté la Fondation Tara à l'issue de l'événement. Mais, pas plus que celles des COP climat pendant des décennies, les énergies fossiles, pourtant premières responsables du changement climatique, n'y sont mentionnées.
Les dirigeants de Tara s'avouent agréablement surpris par l'affluence et intérêt suscité par l'événement. Les chiffres sont en effet impressionnants : 175 pays représentés, dont plus de 60 chefs d'État et de gouvernement, plus de 100 ministres, 12 000 délégués...
Au total, environ 90 % des ZEE, ces zones économiques exclusives sous la juridiction des États, étaient représentées à Nice depuis plus d'une semaine, y compris dans des événements thématiques qui ont précédé la session onusienne : le One Ocean Science, qui a attiré plus de 2 000 scientifiques, a permis de resserrer les liens entre océan et espace et de mettre en exergue les apports de l'intelligence artificielle (IA), notamment avec le jumeau numérique de l'océan présenté par Mercator ; le Blue Economy & Finance Forum de Monaco, sommet consacré à l'économie bleue et à la finance, qui a réuni des intervenants rarement présents sur un sujet aussi pointu, telle que la patronne du FMI, Christine Lagarde, et le sommet des villes côtières, qui s'est soldé par la création d'une coalition spécifique dotée d'un secrétariat permanent hébergé par l'ONU.
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Quant à la haute mer, qui représente plus de 60 % des surfaces maritimes, et que la présidence française de l'Unoc avait placée depuis des mois en tête de ses priorités, les 60 ratifications nécessaires à l'entrée en vigueur du « traité sur la biodiversité en haute mer » (BBNJ) n'ont pas été atteintes lors de la conférence. Mais le compteur a bondi de 29 ratifications à 50, et compte tenu des engagements pris par une quinzaine d'États, les observateurs, ONG incluses, se montrent confiants : les 60 seront atteintes d'ici à l'Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre, et une première COP « Biodiversité en Haute mer » pourra se tenir à l'automne 2026. Une avancée que chacun s'accorde à mettre au crédit de la diplomatie française.
Dominique Pialot