Rapprocher l’établissement public d’accompagnement des collectivités locales dans leurs politiques d’aménagement et d’adaptation, l’Agence de la transition écologique, et l’Agence nationale de cohésion des territoires irait dans le sens de la volonté de rationalisation affichée par le Premier ministre.
L'« opérateurs bashing » est à nouveau dans l'air du temps. Il a même connu ces derniers jours un pic d'activité cristallisé par l'Ademe. Dans ce contexte, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a dû rappeler que 92% du budget de l'agence (3,5 milliards d'euros) financent directement des projets de décarbonation de nos communes et de nos entreprises. Son budget de fonctionnement hors personnel, lui, s'élève à 25 millions, loin des 4 - voire 5 - milliards évoqués par ses détracteurs.
Le directeur général de l'établissement public Cerema a présenté ses vœux le 14 janvier, quelques heures après la déclaration de politique générale du Premier ministre. À cette occasion, il a sans surprise appelé à « ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain », à veiller à « conserver ce qui est efficace », et surtout, à « passer des discours aux actes ».
Il a également témoigné de la réalité d'une forme de « shutdown » en l'absence de budget. À ce jour, le Cerema a perçu une enveloppe de 15 millions d'euros. Elle correspond à quelque 5% de son budget annuel, et doit lui permettre de faire face aux dépenses déjà engagées.
Fusionner, c'est intelligent mais...
Le directeur général de Cerema est également revenu sur la rationalisation des 1.000 opérateurs d'État évoquée par François Bayrou. « J'ai moi-même proposé aux commissions de développement durable de l'Assemblée nationale et du Sénat que le Cerema fusionne avec l'Ademe et l'agence nationale de cohésion des territoires (ANCT), rappelle Pascal Berteaud à La Tribune. Mais si l'Etat veut le faire, il faut qu'il s'en donne les moyens. »
À la tête d'une structure elle-même issue en 2014 de la fusion de onze services de l'État, il sait que l'opération prend du temps. En l'espèce, il a fallu huit ans pour faire converger les cultures et les statuts. « C'est compliqué, mais intelligent », conclut-il. Pascal Berteaud rappelle que l'Ademe est plutôt positionnée sur l'atténuation au changement climatique, tandis que le Cerema, en tant que spécialiste de l'aménagement, est spécialisé sur l'adaptation. Une telle fusion permettrait de mutualiser les fonctions support, ce qui entraînerait bien sûr des suppressions de postes.
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