La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, préconise de supprimer l'Agence de la transition écologique et de transférer son budget aux régions (Photo d'illustration prise le 3 octobre 2022 à Paris).
En pleine tractation sur le budget et à la veille du discours de politique générale du Premier ministre, l’Agence de la transition écologique fait l’objet d’attaques en règle de la part des têtes d’affiche du parti Les Républicains.
Déjà en septembre 2023, la Présidente de la Région Île-de-France avait saisi l'État pour solliciter, au nom d'un « choc de régionalisation », pas moins de 45 nouvelles compétences. La trente-quatrième visait précisément à « Créer une agence régionale francilienne reprenant les attributions de l'Ademe ».
Les déclarations de Valérie Pécresse, invitée de la matinale de France Inter ce lundi 13 janvier ne sont donc guère surprenantes. Elle va toutefois un cran plus loin, puisqu'elle préconise la suppression pure et simple de l'agence d'État et le transfert de son budget aux régions qui « ont déjà les services pour faire les instructions ».
« Quasiment tous les projets financés par l'Ademe le sont aussi par la Banque des territoires et par les régions, justifie-t-elle. Ça veut qu'il y a trois administrations qui planchent sur les mêmes projets, ça veut dire qu'on fait trois fois les mêmes instructions. » Et de conclure : « Si on supprime une agence, on supprime tous les frais fixes et tous les frais de structure de cette agence. »
Plus d'équité, moins de clientélisme
Sur les 4, voire 5 milliards d'euros de budget évoqués, les « frais fixes » mentionnés par Valérie Pécresse s'élèvent à 274 millions, selon les informations disponibles sur le site de l'agence. Le reste correspond aux aides d'État attribuées à la fois aux collectivités et aux entreprises, notamment via le Fonds chaleur, qui s'élève à 800 millions d'euros, et les soutiens à l'innovation et à la décarbonation du plan France 2030, pour environ 2,7 milliards.
De son côté, l'Ademe dément une triple instruction des dossiers. L'agence affirme que ce sont ses 1.000 ingénieurs (dont près de la moitié sont répartis dans les 17 directions régionales, dont quatre en Outre-mer), qui s'en chargent, forts de leur expertise hors pair. Les régions décident, elles, dans un deuxième temps seulement, de suivre ou non les projets sélectionnés par l'agence de l'État, dont le soutien représente en moyenne de 50 à 80%.
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