Le ministre du Budget poursuit sa quête d'économies, les centrales d'achat de l'Etat dans le viseur
latribune.fr
« Quand on voit des achats de fournitures de bureau (...) être payés plus cher que ce qu'on pourrait avoir si on l'achetait soi-même au supermarché, ça questionne », a déclaré le ministre du Budget, ce mardi.
Ce mardi, Laurent Saint-Martin a annoncé avoir lancé une mission d'inspection sur les centrales d'achats de l'Etat. Il s'interroge sur les prix des fournitures de l'administration, à l'heure où le gouvernement cherche des économies.
Le ministre du Budget s'interroge sur le prix auquel l'administration achète ses feuilles et ses stylos. C'est dans cette optique qu'il a annoncé, ce mardi, avoir « diligenté une mission » de l'Inspection générale des finances (IGF) sur les centrales d'achats de l'Etat.
«Les achats de l'Etat, ce sont des montants considérables, et (leur) efficacité est un enjeu de bonne gestion publique», a-t-il notamment déclaré sur RTL.
Une enquête du journal Le Parisien, publiée fin octobre, chiffre la facture annuelle à plus de 150 milliards d'euros. Elle montre qu'il est aisé de trouver en magasin des articles (stylos, chaises...) bien moins onéreux que l'équivalent proposé dans les catalogues de ces centrales. À titre d'exemple, le BIC 4 couleurs est à 2,26 euros TTC dans un de ces catalogues, contre 1,59 euro dans un hypermarché.
«Quand on voit des achats de fournitures de bureau (...) être payés plus cher que ce qu'on pourrait avoir si on l'achetait soi-même au supermarché, ça questionne», a commenté le ministre.
Avec cette mission d'inspection, le ministre espère mieux « comprendre comment fonctionne ce mécanisme de centrale d'achat ».
«Je veux optimiser pour que ça coûte moins cher aux contribuables», a-t-il assuré, car «on ne peut pas demander aux Français de participer à l'effort collectif, et en même temps ne pas être efficace dans la gestion des deniers publics partout dans le service de l'État».
Cette déclaration intervient en référence au budget 2025. Pour rappel, le PLF prévoit 60 milliards d'euros pour redresser les comptes et de ramener le déficit à 5% du PIB. Sur cette somme, 20 milliards doivent provenir de hausses d'impôts et 40 milliards de réductions des dépenses, dont 20 milliards pour l'Etat.
D'ailleurs, Laurent Saint-Martin n'en est pas à son coup d'essai pour tenter de trouver des économies dans l'administration. Sur les 20 milliards d'économies attendues par l'Etat, la fonction publique est mise à contribution, à hauteur de 1,2 milliard d'euros. Un serrage de ceinture qui devrait notamment passer par l'augmentation du délai de carence, lorsqu'un agent se retrouve en arrêt de travail, qui passerait de 1 à 3 jours, comme dans le secteur privé. Outre cette réforme, le ministre souhaite plafonner à 90% de la rémunération les trois premiers mois d'un congé maladie ordinaire, contre 100% à l'heure actuelle.
« Il s'agit d'un alignement sur les pratiques du privé », avait confirmé, fin octobre, le cabinet du ministre de la Fonction publique lors d'un échange avec la presse. « Nous nous basons sur un constat qui est la forte augmentation de l'absentéisme dans la fonction publique depuis une dizaine d'années. En dix ans, le nombre de jours d'absence est passé de 43 millions de jours en 2014 à 77 millions de jours en 2022, ce qui représente une augmentation de près de 80% », avaient fait valoir les services ministériels.
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