La déclaration signée par 95 pays à Nice pendant l’Unoc fait de la réduction de la production un axe fort de la lutte contre la pollution plastique. Mais cela ne garantit pas que cet objectif contraignant du traité soit adopté en août à Genève.C'était l'un des objectifs affichés par la présidence française : rallier un maximum de pays au soutien d'un traité plastique ambitieux. « L'appel de Nice pour un traité ambitieux », signé hier par 95 pays, en est la concrétisation. Outre une conception garantissant un moindre impact environnemental, le texte mentionne explicitement la nécessité de se fixer « un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation de polymères plastiques primaires ». C'est précisément ce point qui, en suscitant l'opposition de pays pétroliers, Arabie saoudite, Iran et Russie en tête, avait fait capoter les précédentes négociations. Car de coproduit pétrolier, le plastique est devenu au fil du temps un relais de croissance pour les pétroliers, dans la perspective d'une réduction du marché de l'énergie. Or, on compte parmi les signataires de Nice des pays producteurs de pétrole, tels que la Norvège ou le Mexique.
Cela change-t-il vraiment la donne à quelques semaines de la dernière session de négociations sur ce traité plastique, prévue à Genève du 5 au 14 août ? Pour Henri Bourgeois Costa, responsable du plaidoyer sur le plastique de la Fondation Tara Océan, interrogé par La Tribune, « en l'absence de toute intersession de négociation au cours de ces neuf mois, l'Unoc était une excellente opportunité de remettre le sujet en selle entre la dernière session de décembre 2024 à Busan et Genève ».
Ne pas limiter le sujet à la gestion des déchets
Et cette déclaration, pour laquelle la France a joué un rôle très moteur, est « plus claire que les précédentes ». Elle permet de faire évoluer l'approche du sujet (traiter la problématique du plastique sur toute la chaîne de valeur), longtemps assimilé à une problématique de gestion des déchets, vers une stratégie plus systémique.
« Ce sont les plus récents progrès de la science, ensuite transposés dans la sphère politique, qui nous ont montré qu'il ne pouvait y avoir de solution sans en passer par une réduction de la production », reconnaît Henri Bourgeois Costa.