Le champion de l’eau et des déchets investit 30 millions d’euros dans un fonds de capital-risque dédié au financement de la première usine des start-up industrielles de la transformation écologique en Europe.Le retour de Trump à la Maison Blanche n'augure rien de bon pour l'Europe, et cela vaut aussi pour les cleantech, particulièrement fragilisées ces derniers temps. Dans ce contexte morose, Veolia vient d'annoncer au Smart City World Expo Congress de Barcelone une mise de 30 millions d'euros dans le nouveau fonds Axeleo GreenTech Industry (GTI I).
«Dans le contexte actuel compliqué pour les cleantecheuropéennes, il est important de trouver des moyens financiers mixant public et privés, stratégiques ou institutionnels, explique à La Tribune Catherine Ricou, directrice de l'innovation du groupe.Ce fonds en est la parfaite illustration, puisque nous sommes partenaires avec Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Bpifrance et le Fonds National de Venture Industriel (FNVI) géré par Bpifrance pour le compte de l'État dans le cadre du Plan France 2030.»
Les avantages de l'investissement indirect
Si le groupe prend également des participations directes dans certaines start-up, dans le secteur complexe de l'industrialisation des deeptech, Veolia mise sur l'investissement indirect via un fonds de capital-risque pour accroître son effet de levier tout en minimisant ses risques. Bien sûr, l'entreprise maîtrise parfaitement les aspects technologiques.
Mais « les venturing partners poussent loin l'analyse globale du potentiel et de la valeur des entreprises, leur gouvernance, leur capacité à industrialiser et à générer de la croissance sur leurs marchés », apprécie la directrice de l'innovation. Par ailleurs, à terme, le fonds aura investi dans 15 à 20 entreprises. « Nous n'aurions sans doute pas pris autant de participations directes dans des start-up en cinq ans sans le support d'un Capital Venture », reconnaît Catherine Ricou.
Veolia a rencontré une vingtaine de fonds avant de jeter son dévolu sur GTI I, un fonds à impact dont « la thèse d'investissement est parfaitement alignée avec les propres priorités fixées dans notre plan stratégique GreenUp 2024-2027 [qui prévoit d'investir 200 millions d'euros dans des démonstrateurs industriels ou dans l'acquisition de nouvelles technologies] et la raison d'être de Veolia », précise la directrice de l'innovation.