L'euro retombe de son piédestal face au dollar

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Hausse différée de sa rémunération, divine surprise de l'emploi américain et rumeurs sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro ont contribué à amortir les pressions haussières sur l'euro.

La décision de la Banque centrale européenne de différer à juillet au plus tôt le deuxième tour de vis du cycle monétaire qu'elle a enclenché le 7 avril, en procédant à la première hausse d'un quart de point à 1,25 % de son taux directeur, a eu un effet comparable à une intervention de change sur le couple euro-dollar. Un effet presque aussi puissant que l'incursion concertée des banques centrales du G7 sur le marché des changes le 18 mars pour alléger les pressions haussières sur le yen qui l'avaient entraîné à un plafond historique face au dollar après l'onde de choc du séisme et du tsunami qui avaient ravagé l'archipel. Qu'on en juge : alors que l'euro était monté à un nouveau point haut depuis décembre 2009 face au billet vert mercredi, veille de la réunion de la BCE, se hissant jusqu'à 1,4940, il ne valait plus vendredi au plus bas dans les transactions que 1,4370. Certes, les rumeurs sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro et le rapport sur l'emploi aux États-Unis en avril ont apporté leur pierre à l'édifice. La création de 244.000 nouveaux postes de travail le mois dernier a rassuré les investisseurs sur la dynamique qui sous-tend la reprise outre-Atlantique. Mais les acteurs du marché des changes ont surtout voulu retenir les propos tenus jeudi lors de sa conférence de presse et réitérés vendredi par Jean-Claude Trichet sur les taux de change.

Hommage à Tim Geithner

Alors que le président de la BCE élude systématiquement les questions sur les taux de change, répétant à qui veut l'entendre que la banque centrale qu'il préside n'a pas d'objectif de change, il a laissé transparaître que la poussée de plus de 5 % la monnaie unique face au dollar depuis le début mars, date à laquelle il avait ouvert la voie à une inflexion de la politique monétaire, devenait un sujet de préoccupation. Le président a rendu un hommage appuyé aux toutes récentes prises de position de Tim Geithner, le secrétaire américain au Trésor, et de Ben Bernanke, le président de la Fed, en faveur d'un « dollar fort dans l'intérêt des États-Unis et du reste du monde. Gilles Moec, économiste de la Deusche Bank, fait également remarquer que Jean-Claude Trichet a indiqué que le taux de change de l'euro était un « paramètre » dans les décisions de la BCE. Même si cela paraît évident, il est exceptionnel que cette dernière le souligne. La BCE est donc parfaitement consciente qu'un rythme de resserrement monétaire trop rapide dans la zone euro à un moment où la Fed maintient son « biais déflationniste » aurait risqué d'accélérer la hausse de l'euro, alors qu'il atteignait déjà « le seuil de la douleur », même pour les exportateurs allemands.

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