Art : Venise, c'est pas fini
Daniel Schick
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La biennale d’art contemporain de Venise est de retour.
LTD/Matteo de Mayda/Courtesy
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La biennale d’art contemporain de Venise est de retour.
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Ce n'est pas triste, Venise en automne. La tentaculaire biennale d'art contemporain est devenue une arme de séduction massive. Des palais dans toute la ville, enchantés, perturbés par des expositions, maintiennent la cité en état d'ébullition jusqu'à l'indigestion. Venise offre un tel marathon artistique qu'elle est loin d'être une belle endormie. Elle ne l'a jamais été. Au VIe siècle, le petit peuple vénète doit quitter le nord de l'actuelle Italie pour cause d'invasion des Lombards. Les Vénètes se réfugient dans la lagune et enfantent Venise, une cité-État indépendante de 697 à 1797. Sérénissime, Venise ? « Vampirissime », plutôt.
La ville intègre depuis toujours les arts de ceux qui s'y frottent, comme ce fut le cas pour l'Empire byzantin. Un traité arrête la guerre opposant Venise à Byzance en 1285. Boum, le baby de leur relation tumultueuse sera la basilique Saint-Marc, devenu symbole byzantin de la ville. La cité-État a compris que l'art est un fabuleux moyen de rayonnement, une preuve de puissance. Pour alimenter son réacteur créatif, doges dirigeant la ville, vieilles familles richissimes ou barnabotti, nouveaux nobles vénitiens, quartiers en concurrence, églises en émulation, tout a été bon pour attirer les artistes venus de loin ou mettre en valeur les artistes maison.
Du XIVe au XVIIIe siècle, l'école vénitienne triomphe. Vénitiens jusqu'au bout du pinceau, Giorgione, Bellini, le Tintoret, Véronèse, Titien, Tiepolo, Canaletto, Guardi font de Venise une éternelle, sans oublier ceux que la Bellissima a aimantés comme Albrecht Dürer qui fut en 1494 estomaqué par « l'Arcadie de la peinture ». Léonard de Vinci ne résista pas à la tentation de Venise, pas plus que Turner, Manet, Monet, Signac, Sargent ou plus récemment Zoran Music.
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Un Français rêva d'avoir Venise in tasca, « dans la poche ». Et il l'eut. En 1797, Napoléon la fait entrer dans son empire. La République de Venise est enterrée pour l'occasion après plus de mille ans d'existence. Il laissa un souvenir mitigé, ouvrant les portes du ghetto juif mais détruisant un symbole du pouvoir du doge, son bateau de gala, le Bucentaure, en récupérant l'or d'apparat. Après une courte vente à l'Autriche, Napoléon récupère Venise. En 1805, l'Italie devenue monarchie a un nouveau roi. Napoléon s'autosacre monarque. Le « roi » de Venise ajoute son aile place Saint-Marc, procède à quelques « emprunts » d'objets d'art et à l'enlèvement sidérant des chevaux de Saint-Marc, revenus depuis. En 1815, Napoléon, c'est fini.
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