Chronique de François Simon : Bambou’s Café, l’assiette candide
François Simon
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Chronique de François Simon
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Il suffit parfois de jeter un œil sur les véhicules garés devant un restaurant de campagne pour deviner la nervure de ce dernier. Ici, à Savigny-en-Terre-Plaine (Yonne), que des utilitaires, fourgonnettes, camions de déménagement... Vous l'avez deviné, chez Gabriel Girard, chef propriétaire formé chez Loiseau, pas question de rigoler avec l'assiette. Notre voisin, solide déménageur, fait même le détour et vient de ratisser grave son entrecôte de 300 grammes. Il a le verbe définitif comme s'il déposait fermement une caisse de livres. En pleine campagne - son village bucolique, sa jolie église -, à l'heure du déjeuner, il y a dans cette salle de bar-tabac ce qu'il faut pour être rassuré : le kiosque de la Française des jeux, un solide bar, des clopes, et surtout, surtout, un menu imbattable à 15 euros avec poireaux en deux façons, la salade et ses gougères à l'époisses (le village est à 5 kilomètres) et ensuite une rafale de plats du jour : remarquable pied de cochon pané sauce gribiche ; tête de veau sauce ravigote... Aux tablées, on a le verbe haut, la rigolade ponctuée de « oh oh oh » approbateurs par des colosses aux carnations progressivement ravissantes. On l'imagine, l'assiette à intérêt à se tenir bien, les frites à être maison et en abondance, le steak donnant dans l'araignée et le ballon de vin volontaire. Même l'innocente crème à la vanille s'offre doucement avec la bonne technique et la soyeuse consistance. Le chef patron est en salle, tenant la boutique depuis bientôt neuf ans, évoquant à ses clients ses prochains
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travaux. Ils auront lieu en juin, on changera le nom, ce qui s'appelait le Bambou's Café portera un nom plus rieur, Gab'istrot, histoire de rivaliser avec les noms farceurs des salons de coiffure. Il y aura la même candeur gourmande, le premier degré de l'assiette,
celle que l'on accueille en souriant, que l'on sauce presque en chantonnant. Pour les dératés de l'autoroute, bon à savoir, la sortie de l'A6 se situe à Avallon, à 12 kilomètres de là. À bon entendeur...
François Simon
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