Cinéma : « 5 Hectares », le chant du tracteur
Aurélien Cabrol
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Lambert Wilson dans « 5 Hectares », d’Émilie Deleuze.
© EX NIHILO/PANAME DISTRIBUTION
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« J'ai pensé à ce film avant le Covid mais Franck, mon personnage, est représentatif d'un monde urbain qui cherche à quitter la ville. La différence avec d'autres, c'est qu'il n'en a pas du tout conscience. Il a un seul problème : avoir un tracteur et être crédible. » C'est ainsi que la cinéaste Émilie Deleuze (fille du philosophe Gilles Deleuze) définit le héros de 5 Hectares, son quatrième long-métrage, qu'incarne un Lambert Wilson en grande forme.
Sexagénaire au bord de la crise générationnelle, Franck est prêt à tout pour faire bonne figure face à ses voisins agriculteurs depuis qu'il a décidé d'effectuer une reconversion professionnelle, en l'occurrence dans la verte région du Limousin. Il a ainsi décidé que sa nouvelle légitimité se fonderait sur la possession et la maîtrise de ce qui lui paraît être le nec plus ultra de sa transformation agricole : un tracteur ! Or, ce dernier, il faut aller le chercher chez son vendeur, dans un autre territoire que le village d'adoption : commence alors un véritable road-movie rural durant lequel, on s'en doute, rien ne se passera comme prévu pour ce malheureux Franck pourtant prêt à sacrifier sa carrière et son couple pour parvenir à son éden agricole.
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Secondé par un casting très réjouissant d'où émerge, en plus de Wilson, celui qui incarne son plus proche voisin, un vrai paysan lui, joué à la perfection par Laurent Poitrenaux, comédien venu du théâtre et second rôle emblématique du cinéma français. Mais on devrait rire plus souvent des mésaventures de Franck et on frôle plutôt la panne de tracteur, pour filer la métaphore du film. Bref, la comédie aux champs patine quelque peu et c'est dommage.
Aurélien Cabrol
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