Cinéma : « Fremont », de Babak Jalali, au coeur du destin d’une réfugiée
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Fremont de Babak Jalali.
© JHR Films
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Fremont de Babak Jalali.
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Quelle est donc cette force souterraine qui habite Donya, réfugiée afghane établie à Fremont, près de San Francisco ? Ex-traductrice rescapée du régime taliban, la jeune femme travaille, cela ne s'invente pas, dans une fabrique de biscuits porte-bonheur... Loin du cliché de l'Afghane cloîtrée ou soumise, elle assume sa solitude d'immigrée solitaire, libre de conduire ou de confier ses insomnies à un psy.
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On la sent hantée par ses traumatismes d'exilée mais le réalisateur, Babak Jalali, fouille plutôt du côté de son quotidien réglé, semé de situations absurdes d'où surgissent d'autres personnages attachants. Isolant ses acteurs au fil de cadrages noir et blanc carrés et serrés, sa caméra révèle l'étrangeté de chaque geste, chaque rencontre, chaque dialogue. Se dessine alors une fiction existentielle singulière, grinçante, finement interprétée, où la drôlerie affleure sans crier gare, où l'inaccessible intériorité de Donya finit par délivrer un peu de son éclat. Imprévisible et malicieusement esthétisée, l'ironie de Jalali renvoie aux univers décalés de Jim Jarmusch ou d'Aki Kaurismäki. C'est savoureux.
De Babak Jalali, avec Anaita Wali Zada, Jeremy Allen White, Greg Turkington. 1 h 28. Sortie mercredi.
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