Les amoureux de Gustave Courbet (1819-1877) connaissent bien Ornans. Ils aiment y venir et marcher dans ses pas. Dans son histoire, dans ses tableaux aussi. Car c'est ici que le peintre du réalisme est né et qu'il a passé une grande partie de son temps. C'est ici, dans cette petite bourgade du Doubs, qu'il a peint grand nombre de ses paysages, magnifiés par son génie artistique. Le musée qui porte aujourd'hui son nom est sa maison natale. Mais n'y cherchez pas l'intimité d'une histoire passée ou les traces d'un quotidien familial ; le lieu, totalement réaménagé avec des allures modernistes, a pour principal objectif de valoriser les œuvres du maître. Et c'est une fierté pour les Ornanais. Alors quand le musée ouvre ses portes à Eugène Delacroix (1798-1863), maître de la peinture romantique, de vingt ans l'aîné de Courbet, on cherche à comprendre s'il y a confrontation de deux génies, inspiration réciproque ou tout simplement respect entre deux artistes.
Il faut avant tout rappeler que si « Delacroix s'invite chez Courbet » - titre de l'exposition -, c'est parce que le musée-atelier parisien qui porte le nom du premier est en travaux. L'occasion rêvée de faire voyager une soixantaine de peintures, photographies, esquisses, et même si les œuvres présentées ne sont pas des pièces maîtresses, c'est un privilège de pouvoir les contempler dans la vallée de la Loue, bien loin de la capitale.