Sandrine Kiberlain : « L’âge, je m’en fous »
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Sandrine Kiberlain, actrice.
© LTD / CYRILLE GEORGE JERUSALMI POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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Sandrine Kiberlain, actrice.
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Adepte des comédies déconnantes qu'elle honore de sa fantaisie tout autant que de son sens de la nuance, Sandrine Kiberlain ne procède pas autrement en interview. Plutôt que de prendre ouvertement position face aux questions sur la guerre au Proche-Orient et sur le mouvement MeToo, l'actrice met en avant son besoin de modération. Compréhensible dans une « période folle » qui avive les transes et les extrêmes. « Je ne me sens ni le droit ni la force de prendre la parole sur des sujets aussi ténus, graves et sensibles. »
Capable, quoi qu'il en soit, de naviguer dans tous les registres, elle apparaît drôle et touchante dans La Petite Vadrouille, sa troisième incursion dans l'univers impayable de Bruno Podalydès, petit monde au désuet assumé et plus revigorant qu'il n'y paraît. Pas si molle ni bateau, cette nouvelle comédie l'affiche ainsi un peu perdue mais bien vive et débrouillarde entre Daniel Auteuil et Denis Podalydès, deux mâles narcissiques en diable et en fin de compte pas si dominants...
LA TRIBUNE DIMANCHE - Tourner au fil de l'eau avec Bruno Podalydès et une troupe d'acteurs amis, on imagine que c'est un plaisir, voire des vacances ! Est-ce aussi simple que ça ?
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SANDRINE KIBERLAIN - Sur un petit bateau, ce n'est pas ce qu'on fait de plus plaisant ! Cela induit beaucoup de contraintes comme la promiscuité et des problèmes d'écluses. Et puis on a tourné en juillet, tous les jours en extérieur sous de grosses chaleurs, parfois il fallait mettre des parapluies anti-UV... C'étaient donc des conditions très particulières mais marrantes, parfois encore plus étonnantes que ce qu'on voit dans le film. On a rencontré de vrais éclusiers qui vivent avec des chats par milliers, découvert des jardins fous, un monde un peu magique, très dépaysant. Mais il fallait rester concentrés, être à l'écoute et productifs parce qu'il y avait beaucoup de texte et de choses qu'on ne pouvait pas tenter plusieurs fois. On était donc un peu à cran. Mais on a traversé tout ça plutôt joyeusement car on était dans le jeu, heureux de se retrouver en effet, inspirés par notre petit collectif.
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