« La stratégie de la sardine » : le récit d'un surdoué
Anne-Laure Walter
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La stratégie de la sardine
© Editions Robert Laffont
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La stratégie de la sardine
© Editions Robert Laffont
Olivier Liron est « trop ». Trop intelligent, trop sensible, trop enthousiaste, trop bosseur, trop mauvais joueur... Haut potentiel intellectuel, l'écrivain, diagnostiqué autiste Asperger, possède un QI de 162, « un peu mieux qu'Albert Einstein, 160, et beaucoup moins bien que Garry Kasparov, 190 », comme il l'écrit dans La Stratégie de la sardine. Il sait lire à 4 ans, écrit son premier roman à 7 ans, calcule le produit de 247 856 par 91 pour s'endormir et peut citer toutes les dates d'attribution des AOC pour les fromages français. Un don utile pour gagner aux jeux télévisés - il remporte huit fois Questions pour un champion - ou obtenir de prestigieux diplômes (Normale sup, agrégation) mais bien encombrant au quotidien, surtout à l'adolescence, quand il s'agit de se fondre dans la masse.
Les années collège sont un enfer. Premier de la classe, il est violenté et harcelé par ses camarades. Il tente de se saborder, trouve les pires fréquentations... mais même en cancre, il est le meilleur et décroche le record d'heures de colle ! Il développe alors une phobie scolaire qui resurgira lorsqu'il deviendra prof d'espagnol, une expérience qui se soldera au bout de trois jours par une dépression. Sa renaissance passera par la danse. Il va « exister dans un corps », lui l'esprit génial et sursollicité. Puis par l'écriture, où il trouve l'espace pour transformer sa colère.
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L'originalité de cette autofiction réside dans le fait qu'elle jaillit d'un esprit neuro-atypique. Synesthète, Olivier Liron confère à son environnement une poésie instantanée. Son style associe les images, mélange les sensations. Ce texte est ponctué de listes qui composent une mélodie drôle et touchante. La nuit, l'auteur écoute chanter son frigo, qui récemment aurait repris Là-bas de Jean-Jacques Goldman et T'en va pas d'Elsa. La race de cheval appaloosa est pour lui « un mot qui galope ». Il adore « les mots compliqués. Et encore plus ceux avec un Y ». Point n'est besoin d'être Asperger pour adopter la « stratégie de la sardine » : il suffit d'oser « ne pas appartenir au banc ». Penser hors de la boîte.
Anne-Laure Walter
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