L'image d'Épinal est connue : la France ne serait plus qu'un territoire dévolu au tourisme et aux loisirs. Toutes les industries et tous les savoir-faire ancestraux auraient ainsi disparu. Vulgate intellectuelle mise en scène par des romanciers puisque, dans La Carte et le Territoire, Michel Houellebecq narre cette France qui ne sait plus créer. De nombreuses marques, pourtant, démentent cette sombre prophétie. Parmi elles, J.M. Weston, chausseur implanté à Limoges depuis 1891 qui produit 70 000 paires de chaussures par an dans le pays, qui sait transmettre les techniques et qui, surtout, exporte l'élégance française un peu partout dans le monde, notamment au Japon. Mais aussi Paraboot, située dans l'Isère et qui a su, après une période difficile, s'imposer comme l'une des marques phares de l'expertise bottière hexagonale, mais plus largement comme une marque iconique ailleurs dans le monde et, comme Weston, au Japon.
L'autre point commun des deux enseignes réside dans une volonté farouche de maintenir savoir-faire et production en France. Pour Weston comme pour Paraboot, ce dessein irrigue l'ensemble de l'organisation. Côté J.M. Weston, c'est à Limoges que se situe la manufacture. De fait, la production démarre à quelques kilomètres, dans l'historique tannerie Bastin, la dernière en activité dans cette région du Limousin historiquement consacrée au cuir. Le chausseur en est devenu propriétaire en 1981, le seul en France à posséder sa propre tannerie ; il en est le plus important client. Les peaux y passent douze mois avant d'équiper les semelles des modèles de la marque. Une fois tannées, elles partent à la manufacture, organisée en différents ateliers. Il faut de 180 à 200 gestes pour confectionner une chaussure Weston. D'où l'appellation de mocassin 180 pour le modèle iconique de la marque - représentant une kyrielle de savoir-faire.