Les maîtres dansent à Montpellier
Alexis Campion
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« … How in Salts Desert Is It Possible to Blossom… », création de Robyn Orlin.
© LTD / LAURENT PHILIPPE
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Radicales, engagées, les créations présentées cette année en ouverture du festival Montpellier Danse éblouissent. Trois d'entre elles marquent le retour de maîtres parmi les plus admirés et suivis : la Sud-Africaine Robyn Orlin, l'Anglais Wayne McGregor et le Japonais Saburo Teshigawara. Souvent banalisée par les clips, les réseaux sociaux, la mode ou la pub, la danse contemporaine reste, sur scène, une discipline à part, imparable pour échafauder sans paroles des univers visuels complexes, poétiques, savants sinon sacrés. Tel est le propos assumé de Montpellier Danse et de son directeur depuis quarante et un ans, Jean-Paul Montanari : dans un monde saturé d'images accélérées et virtualisées, où le divertissement fait loi et laisse l'imaginaire à quai, l'art reste un acte de résistance indispensable.
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Et si Robyn Orlin nous embarque dans un endroit précis et violent de son pays - le Namaqualand, une région minière abandonnée après des années d'exploitation sans relâche -, c'est justement pour transformer cette réalité abrupte en songe multicolore. ... How in Salts Desert Is It Possible to Blossom... (« comment peut-on fleurir dans un désert de sel ? »), nous informe, en préambule sur écran, de ce passé minier et ouvrier. Pourtant, ce qu'il nous donne à voir au plateau est tout autre, pétri d'allégresse enfantine et de confusion rageuse, joyeuse. Deux musiciens de Johannesburg accompagnent cinq danseurs « coloured » (métis) issus de cette région minière, tous affublés d'oripeaux aux couleurs vives. Leur fantaisie revigorante rappelle la chanteuse Camille, avec qui Robyn Orlin aime collaborer. Ensemble ils célèbrent la vie, rient, se taquinent, s'amusent à se filmer et à révéler leurs personnalités. Magie de la vidéo avec effets spéciaux en direct, leurs tournoiements tour à tour farceurs ou dramatiques dessinent des kaléidoscopes géants en fond de scène, d'immenses fleurs nées du chaos...
Alexis Campion
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