Panayotis Pascot, miroir d’une génération
Pauline Delassus
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Ce jeune homme dit tout, ses larmes, ses peurs, ses pensées les plus noires. Ses rares joies, la confusion de ses sentiments, ses fantasmes refoulés. Panayotis Pascot n'est que fragilités et il l'assume.
Sujet principal du récit : le père, mutique, autoritaire, figure vieillissante d'un patriarcat traditionnel, dépassé mais si présent.
Adrien, 34 ans, trouve salvatrice cette histoire d'« un garçon homosexuel dépressif au sein d'une famille hétéronormée de province ». Ils sont 700 venus écouter l'auteur de 25 ans lire sa prose dans un théâtre parisien. Les places se sont écoulées en une minute seulement. En librairies, les ventes de La prochaine fois que tu mordras la poussière, édité par Stock, atteignent 80 000 exemplaires. Il s'est classé premier des essais et troisième des ouvrages de littérature, loin devant les derniers opus d'Amélie Nothomb et de Nicolas Sarkozy sortis fin août également. Un exploit inattendu et révélateur.
Ses lecteurs ont moins de 35 ans, sont parfois des adolescents, touchés par l'émouvante franchise de celui qui s'est fait connaître en 2015 dans Le Petit Journal de Canal+, puis par son spectacle seul en scène diffusé par Netflix. D'une écriture cadencée, non dénuée de poésie, Pascot lie deux préoccupations fondamentales, siennes autant que de ses semblables, sources d'angoisses et de doutes : la sexualité et la santé mentale. Il couche avec des femmes, sombre dans la dépression, tombe amoureux d'hommes, pense en finir, trouve le grand amour et les antidépresseurs. Il se sauve de peu.
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Panayotis s'est mis à écrire il y a quatre ans, quand son père lui a annoncé être gravement malade, condamné à une mort prochaine. Le père donc, ombre pesante, encombrante, décrit avec tendresse et âpreté, est la raison de cet objet littéraire. L'homme, toujours en vie aujourd'hui, n'est pas un inconnu. Il se nomme Philippe Pascot, fut membre du Parti radical de gauche (PRG) jusqu'en 2009, et élu de la municipalité d'Évry auprès de Manuel Valls. Embonpoint, écharpe blanche et borsalino en toute occasion, il est décrit par un ancien du PRG comme « haut en couleur et donneur de leçons, prompt aux dérapages, ayant compris très tôt la frustration et le ressentiment d'une partie de la population ».
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