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Pas de raison de changer le système de Hong Kong, dit Xi Jinping

reuters.com  |   |  634  mots
Pas de raison de changer le systeme de hong kong, dit xi jinping[reuters.com]
(Crédits : Pool)

par Anne Marie Roantree et James Pomfret

HONG KONG (Reuters) - Il n'y a aucune raison de changer la formule de gouvernance de Hong Kong - "un pays, deux systèmes" -, a déclaré vendredi le président chinois Xi Jinping lors d'une rare visite dans la région administrative spéciale, durant laquelle il a intronisé le nouveau dirigeant local au jour du 25e anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine.

Lorsque la Grande-Bretagne a rétrocédé le territoire à la Chine, le 1er juillet 1997, Pékin a promis que l'autonomie, les droits individuels et l'indépendance de la justice seraient garantis au moins jusqu'en 2047.

Nombre de détracteurs et des puissances occidentales accusent les autorités locales de bafouer les libertés avec une stricte loi de sécurité nationale imposée par Pékin en 2020 à la suite des vastes manifestations pro-démocratie survenues l'année précédente.

Pékin et Hong Kong rejettent ces accusations et présentent la loi comme le moyen de "restaurer l'ordre après le chaos" afin que le pôle financier mondial puisse prospérer.

S'exprimant lors d'un discours après avoir investi le nouveau chef de l'exécutif local, Xi Jinping a déclaré que la loi de sécurité nationale était une bonne chose pour les "droits démocratiques" des habitants hongkongais et que la formule "un pays, deux systèmes" resterait en place.

"Avec ce genre de bon système, il n'y a aucune raison de changement. Il doit être maintenu sur le long terme", a dit le président chinois durant la cérémonie d'investiture de John Lee, ancien chef des services de sécurité locaux.

Tous les représentants présents à la cérémonie, dont Xi Jinping, portaient un masque et ont respecté une distance d'au moins un mètre, alors que des règles sanitaires très strictes sont toujours en vigueur face au COVID-19 à Hong Kong.

John Lee, visé par des sanctions des Etats-Unis pour son rôle dans la mise en oeuvre de la loi de sécurité nationale, prend la tête de l'exécutif local à un moment où Hong Kong connaît un exode de ses résidents, notamment ses talents, du fait des mesures sanitaires.

"UNE SEULE VOIX"

Un important dispositif de sécurité était en place dans le centre-ville, où des lanternes rouges et des affiches célébrant une "nouvelle ère" de stabilité ont été installées pour les cérémonies marquant l'anniversaire du retour de Hong Kong dans le giron de Pékin.

Certains analystes voient dans cette visite une tournée triomphale de Xi Jinping après que Pékin a resserré sa mainmise sur le territoire avec la loi de sécurité nationale. Le président chinois a déclaré jeudi que Hong Kong avait surmonté des défis et renaissait de ses cendres.

Il s'agit du premier déplacement de Xi Jinping dans le territoire depuis 2017, pour l'intronisation de l'ancienne dirigeante locale Carrie Lam.

A l'époque, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue, alors que le 1er juillet servait traditionnellement aux Hongkongais pour exprimer leurs doléances.

Mais aucune manifestation n'a eu lieu cette fois, la plupart des politiciens de l'opposition et des activistes pro-démocratie ayant été emprisonnés ou s'étant exilés.

"La ville toute entière n'a qu'une seule voix dominante et les autres sont éradiquées. C'est calme et 'harmonieux' parce que (Hong Kong) a perdu sa diversité politique et sa liberté d'expression", a déclaré via Twitter l'activiste pro-démocratie Nathan Law, qui a fui la ville. "C'est l'échec, pas le succès, d''un pays, deux systèmes'".

(Reportage Anne Marie Roantree et James Pomfret; version française Jean Terzian)