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Shanghaï de nouveau en alerte face au COVID-19

reuters.com  |   |  574  mots
Shanghai de nouveau en alerte face au covid-19[reuters.com]
(Crédits : Aly Song)

par Brenda Goh et Roxanne Liu

SHANGHAI/PEKIN (Reuters) - Shanghaï et plusieurs autres villes de Chine sont de nouveau en alerte face au COVID-19 et les autorités s'emploient à étouffer toute résurgence de l'épidémie afin d'éviter d'imposer de nouvelles restrictions sanitaires dans le cadre de la politique "zéro Covid" édictée par le gouvernement.

Après deux mois de confinement strict au printemps, levé début juin, la municipalité de Shanghaï a organisé jusqu'à ce jeudi trois journées de dépistage massif afin d'isoler des cas de contamination liés à des bars karaoké clandestins.

Les habitants de la plupart des 16 arrondissements de la métropole doivent passer deux tests de dépistage obligatoires sur les trois jours. Des campagnes de dépistage sont également programmées chaque week-end jusqu'à la fin juillet.

Shanghaï a fait état mercredi de 54 nouveaux cas locaux de transmission du coronavirus responsable du Covid, contre 24 la veille. Seuls deux de ces 54 cas ont été enregistrés au sein de la population non placée à l'isolement.

La ville a également fermé jeudi 50 lieux publics supplémentaires, portant le total à 80 environ.

"Une résurgence d'Omicron n'est pas un problème dans la plupart des autres pays mais cela reste une question prédominante pour l'économie chinoise", soulignent dans une note les analystes de Nomura, en référence au variant hautement contagieux du SARS-CoV-2 et à la politique "zéro-Covid" de Pékin.

"La Chine étant de loin le premier centre de production industrielle au monde, toute nouvelle vague d'Omicron aura probablement un impact non négligeable", ajoutent-ils.

VOYAGES ANNULÉS

Dans l'ensemble de la Chine, 338 nouveaux cas locaux de contamination ont été signalés mercredi, contre 353 la veille, sans nouveau décès.

Une grande partie d'entre eux, 167, ont été enregistrés dans la province orientale d'Anhui, où plus d'un million d'habitants de petites villes sont confinés.

A Pékin, la capitale, quatre nouvelles infections ont été signalées, contre six la veille.

Après avoir décelé un cas de Covid chez une personne arrivée de Shanghaï, la ville de Xinjiang dans la province de Shanxi (nord) a testé presque toute sa population de 280.000 habitants, suspendu les services de taxis et d'autobus et fermé des lieux de divertissement.

Dans la province quasi homonyme de Shaanxi, où quatre nouveaux cas ont été signalés, les agences de voyage ont reçu instruction d'annuler les visites organisées à Xian, la capitale provinciale célèbre pour son armée de terre cuite.

A partir du 11 juillet en Chine, la vaccination sera requise pour accéder aux lieux bondés comme les bibliothèques, les cinémas ou les salles de sport.

La Chine justifie sa stratégie du "zéro-Covid" en comparant les millions de morts dus à la maladie à travers le monde au très faible bilan officiel des décès sur son territoire (5.226).

Les analystes estiment cependant que certains coûts liés à cette politique pourraient devenir permanents en augmentant le fardeau de la dette chinoise ou en incitant les investisseurs à réexaminer leur présence dans le pays.

Selon des sources au fait du dossier, la Chine envisage de mettre en place un fonds consacré aux infrastructures afin de stimuler la croissance, dont le montant pourrait atteindre 500 milliards de yuans (73,6 milliards d'euros).

(Avec la contribution de Wang Jing à Shanghaï et Ryan Woo à Pékin; version française Jean-Stéphane Brosse)