Allemagne-Scholz détaille un bouclier anti-inflation à 200 milliards d'euros

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Le chancelier allemand olaf scholz, le ministre de l'economie robert habeck et le ministre des finances christian lindner lors d'une conference de presse sur les prix du gaz[reuters.com]
(Crédits : Lisi Niesner)

par Holger Hansen

BERLIN (Reuters) - Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a présenté jeudi un "bouclier" de 200 milliards d'euros censé protéger les entreprises et les ménages contre l'impact de l'envolée des prix de l'énergie.

"Il faut que les prix baissent. Le gouvernement va donc faire tout son possible. Dans ce but, nous mettons en place un vaste bouclier défensif", a dit le chef du gouvernement.

Presqu'au même moment, Destatis, l'institut national de la statistique, annonçait que l'inflation en Allemagne avait atteint 10,9% sur un an en septembre selon sa première estimation, le chiffre le plus élevé depuis le début de la série statistique en 1996.

Le plan gouvernemental, qui sera financé par de nouveaux emprunts, prévoit entre autres un mécanisme de "frein d'urgence" pour les tarifs du gaz et de l'électricité et l'abandon du projet de taxe sur le gaz qui initialement permet de limiter les hausses à venir.

Par ailleurs, les réacteurs nucléaires du sud du pays qui devaient fermer avant la fin de cette année resteront en activité jusqu'au printemps.

Berlin a suspendu cette année son "frein à la dette", qui plafonne les nouveaux emprunts à 0,35% du produit intérieur brut (PIB) mais le ministre des Finances, Christian Lindner, a déclaré récemment vouloir respecter de nouveau cette contrainte dès l'an prochain.

Jeudi, Christian Lindner a assuré que la situation stable des finances publiques permettait de recourir à l'emprunt pour financer le nouveau plan.

"Pour dire les choses autrement: nous sommes actuellement engagés dans une guerre de l'énergie", a-t-il dit. "Nous voulons clairement séparer les dépenses liées à la crise de la gestion du budget ordinaire, nous voulons adresser un signal très clair aux marchés de capitaux."

La taxe sur les factures de gaz finalement abandonnée, qui devait entrer en vigueur samedi, 1er octobre, et s'appliquer jusqu'en avril 2024, visait à aider les compagnies à couvrir le coût du remplacement du gaz importé de Russie.

Mais son intérêt a été mis en doute après la décision du gouvernement de nationaliser Uniper, le premier importateur allemand de gaz russe.

(Reportage Holger Hansen, Kirsti Knolle, Thomas Escritt et Matthias Wiliams, version française Marc Angrand, édité par Kate Entringer)

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