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Macron tente de "verdir" son programme, premier meeting pour Le Pen

reuters.com

Publié le 14 avril 2022 à 13:43 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 22:29

Macron tente de "verdir" son programme, premier meeting pour le pen

Macron tente de "verdir" son programme, premier meeting pour le pen

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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LE HAVRE, Seine-Maritime (Reuters) - Emmanuel Macron a confirmé jeudi sa volonté de mettre l'accent sur les énergies renouvelables s'il est réélu pour un nouveau mandat, avec l'objectif de 50 parcs éoliens en mer d'ici 2050, jugeant que le programme de Marine Le Pen en la matière était "une aberration".

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui compte notamment EDF, Engie et TotalEnergies parmi ses adhérents, a mis en garde jeudi contre la "régression majeure" qu'entraînerait selon lui l'élection de la candidate du Rassemblement national dans le domaine de l'énergie.

Marine Le Pen, qui affrontera Emmanuel Macron le 24 avril au second tour de l'élection présidentielle française, compte notamment supprimer les subventions aux énergies intermittentes telles que l'éolien ou le solaire, tout en disant vouloir développer l'hydroélectricité, le photovoltaïque et la géothermie.

Le président sortant - critiqué pour le bilan environnemental et climatique de son mandat, Greenpeace l'accusant notamment de défendre "un modèle productiviste et agro-industriel polluant" - avait annoncé en février son intention de lancer la construction de six EPR et de renforcer les énergies renouvelables.

"On va continuer d'avancer technologiquement. On est en train d'améliorer nos techniques pour que ce soit de plus en plus rentable et perfectible", a-t-il plaidé sur France Bleu, en marge d'un déplacement électoral au Havre (Seine-Maritime), assurant que la mise en place des parcs éoliens en mer se ferait dans la "concertation".

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"Le projet de Mme Le Pen est de stopper les énergies renouvelables et de remplacer les centrales nucléaires. Cela n'a pas de sens", a-t-il ajouté, parlant également d'"aberration".

Emmanuel Macron devait notamment visiter l'usine d'éoliennes Siemens-Gamesa.

"GRAND MOUVEMENT CENTRAL" CONTRE "HORIZONS"?

La ville du Havre, administrée par l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron Edouard Philippe, a placé le candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon en tête du premier tour de la présidentielle avec 30,17% des voix, devant Emmanuel Macron (27,53%) et Marine Le Pen (20,67%).

Le président sortant, comme son adversaire d'extrême droite, entend capter une partie de l'électorat du chef de file de La France insoumise (LFI) pour l'emporter le 24 avril.

Emmanuel Macron s'est engagé mercredi soir sur TF1 à compléter son programme en puisant dans les propositions de Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts, EELV), à condition qu'elles soient "cohérentes" avec son projet, mais la divergence de fond entre son programme et celui de LFI sur le nucléaire ne plaide pas en faveur d'un ralliement des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat de l'"Union populaire", taxant le bilan d'Emmanuel Macron de "désastre", préconisait notamment dans son programme une sortie du nucléaire et le passage à 100% d'énergies renouvelables, ainsi qu'un objectif de baisse de 65% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 (contre 40% actuellement), ou encore la création d'un "crime d'écocide".

Outre l'enjeu écologique, la visite d'Emmanuel Macron au Havre avait une résonance toute politique à dix jours du second tour.

Le président-candidat, qui a appelé de ses voeux dimanche l'avènement d'un "grand mouvement politique d'unité et d'action" transpartisan, s'est affiché avec Edouard Philippe, fondateur de la formation "Horizons", qui ne considère pas d'un bon oeil une dilution des diverses sensibilités de la majorité sortante dans ce "quelque chose de nouveau".

Le président du MoDem François Bayrou, qui se méfie également de ce futur "grand mouvement central", s'est rappelé au souvenir du président-candidat jeudi matin en estimant sur BFM TV et RMC que l'annonce sur le recul de l'âge de la retraite à 65 ans avait été "faite de manière brutale".

"Il aurait fallu dire 'on va tenir compte des carrières longues et de la pénibilité des métiers'", a-t-il suggéré.

GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE

Le camp de Marine Le Pen pense aussi coalition à l'approche du second tour.

Son conseiller spécial, Philippe Olivier, a confirmé l'idée d'un gouvernement d'union nationale avancée par la candidate du RN, tendant la main à Eric Ciotti et François-Xavier Bellamy, membres des Républicains.

"Ce sera avec tous les gens de bonne volonté qui se reconnaissent dans un programme national", a-t-il dit sur franceinfo, précisant que le candidat de Reconquête Eric Zemmour (7,1%) n'avait pas "manifesté la volonté" de participer à un tel gouvernement.

Marine Le Pen, qui a fustigé jeudi matin sur France 2 l'"autoritarisme" d'Emmanuel Macron, devait donner jeudi à 18h30 son premier meeting de l'entre-deux-tours à Avignon (Vaucluse).

Selon un sondage CSA pour CNEWS publié jeudi matin, 72% des Français comptent aller voter au second tour; 47% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon s'abstiendraient, comme 23% des électeurs LR et EELV.

(Rédigé par Sophie Louet avec Matthieu Protard et Benjamin Mallet, édité par Bertrand Boucey)

reuters.com

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