Dans quelques jours, la Promenade des Anglais ne sera plus tout à fait la même, parée de tribunes, prête à accueillir touristes et autochtones pour célébrer la 136ème édition du Carnaval de Nice. Un rendez-vous habituel, ancré dans l'Histoire de la Baie des Anges et que l'on pourrait presque voir comme un rituel festif. Sauf que le Carnaval est passé à une autre dimension, bien plus économique.
Le Carnaval fonctionne comme un écosystème. Avec ses règles et ses acteurs historiques comme nouveaux entrants. Quatre sociétés, retenues par appel d'offres se partagent pour trois d'entre elle la réalisation des chars et pour la dernière, des grosses têtes, fabrication additive et conception 3D à l'appui. Aux ymagiers, en revanche, revient la tâche "d'imaginer" le contenu des chars, les personnages, le contexte, le scénario. Un travail de création qu'a tenu, par exemple en 2000, le dessinateur de Charlie Hebdo et Marianne, Tignous. Et auquel se sont attelés, cette année, huit heureux sélectionnés, chargés de créer les personnages de 17 chars. Douze fleuristes fournissent les 21 tonnes de mimosa et les 250 000 tiges de fleurs nécessaires pour les batailles. Et c'est au total 80 entreprises dont 50 versées dans l'artistique, qui vivent, inventent, respirent, créent le Carnaval de Nice.
Mais le Carnaval de Nice est aussi un levier d'attractivité. Parce qu'il est populaire, il est l'occasion de toucher le touriste. Un élément qui prend toute son importance quand on sait qu'il se tient au mois de février, c'est-à-dire en pleine période dite creuse pour le secteur du tourisme. "C'est un rendez-vous important au cœur de l'hiver pour combler un creux de fréquentation", souligne d'ailleurs Rudy Salles, l'adjoint niçois en charge du tourisme. Surtout que le public rajeunit "se diversifie, on y vient en groupe, en famille mais on voit aussi une clientèle habituée des 4 et 5 étoiles participer davantage". En 2019, 204 000 spectateurs ont été recensés.