L’accès au foncier : principal frein à l’installation des jeunes agriculteurs
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Montagnes, falaises, zones protégées... De par sa géographie, Provence-Alpes-Côte d'Azur est déjà un territoire fortement contraint pour l'exploitation agricole.
« Et il l'est encore plus à cause de sa démographie, de son développement urbain et des nombreux ouvrages d'équipements collectifs », pointe Philippe Lauraire, directeur général adjoint de la Safer PACA. « En France, la surface agricole utile occupe la moitié des terres. En région, c'est seulement un quart ».
Et qui dit rareté, dit prix élevé. « Cela génère une importante rétention foncière qui s'explique en grande partie par la spéculation ». Arrivant à l'âge de la retraite, certains agriculteurs sont réticents à l'idée de transmettre leurs terres car « l'enjeu patrimonial est fort ». Ils peuvent alors attendre que leurs parcelles deviennent constructibles afin d'en tirer un maximum de profit. Ou tout simplement, « changer la destination des bâtiments en les orientant vers du résidentiel, du locatif, pas toujours avec les autorisations administratives requises », regrette Phillippe Lauraire pour qui « le Code de l'urbanisme n'est pas encore assez strictement appliqué ».
Résultat : « Depuis 2000, un quart des exploitations ont disparu », assure Sébastien Bougerol, référent des points accueil transmission de la Chambre d'agriculture régionale. Une baisse des exploitations plus forte que celle des surfaces qui sont passées de 695 000 hectares en 2000 à 581 000 hectares en 2019. « Les exploitations sont en fait devenues plus grandes et plus difficiles à transmettre ».
À lire également
Pour lutter contre la spéculation, la Safer agit notamment via la préemption de terres. Mais d'autres actions, axées sur la sensibilisation et la pédagogie, visent à accompagner au plus tôt les futurs retraités afin qu'ils cèdent leurs terres à d'autres agriculteurs. D'autant que les transmissions familiales - potentiellement plus rassurantes - se sont fortement raréfiées au fil des dernières décennies (sur 93 projets accompagnés par la Safer en 2020, 72 s'inscrivaient hors cadre familial).
Maëva Gardet-Pizzo