« On a bien vu que les CCI avaient toute leur utilité » (André Deljarry, CCI Hérault)
Propos recueillis par Cécile Chaigneau

André Deljarry, président réélu de la CCI Hérault, lors de l'assemblée générale d'installation le 29 novembre 2021.
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Propos recueillis par Cécile Chaigneau

André Deljarry, président réélu de la CCI Hérault, lors de l'assemblée générale d'installation le 29 novembre 2021.
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André Deljarry, le président sortant de la CCI Hérault, était candidat seul en lice à sa réélection, avec une liste unie Medef-CPME. A l'issue des élections, qui se tenaient du 27 octobre au 9 novembre, il a donc été réélu. André Deljarry, qui avait auparavant été président de la CCI Montpellier, attaque son 2e mandat à la tête de la CCI Hérault.
LA TRIBUNE - Quelles leçons tirer de ce mandat marqué par le mouvement des Gilets jaunes et par la pandémie de Covid-19 ?
ANDRE DELJARRY - L'État a reconnu l'utilité des consulaires en général et Bruno Le Maire nous a mis comme tête de pont entre les entreprises et l'État sur les dispositifs de soutien. Nous avons renseigné les entrepreneurs, nous nous sommes battus pour que les entreprises créées en 2021 aient aussi des droits. On a bien vu que les chambres de commerce et d'industrie avaient toute leur utilité. Les CCI doivent être des facilitateurs et des accompagnateurs... Les commerçants ont pris conscience qu'ils devaient accélérer sur le commerce en ligne, et c'est une des leçons bénéfiques de la crise sanitaire. On continue d'y travailler, et avec Carole Delga (présidente de la Région Occitanie, NDLR), on parlera aussi de la plateforme de e-commerce créée par la Région, à laquelle il faut ajouter la possibilité pour les commerçants de rentrer leurs catalogues de produits et qu'il faut enrichir avec un système de livraison des colis. L'autre sujet commerce sera l'animation commerciale sur toutes les villes, petites ou grande, avec l'État et les collectivités, notamment pour faire baisser le taux de vacances des commerces.
Vous éprouvez encore le besoin de rappeler l'utilité des CCI... Les chambres consulaires ont subi une baisse de leurs ressources fiscales. Comment assurez-vous aujourd'hui le fonctionnement de la CCI Hérault ?
C'est très simple : la TFC (taxe pour frais de chambre consulaire, NDLR) permet à la CCI et ses 80 salariés permanents à Montpellier, Sète et Béziers de fonctionner. Nous avons signé des partenariats avec 16 intercommunalités, la Métropole de Montpellier, le Conseil départemental de l'Hérault et la Région Occitanie. Et enfin, un système tarifaire précis a été mis en place sur certaines opérations et nous facturons le "temps agent". Le budget de la CCI Hérault est de 7,5 millions d'euros apportés par la TFC, et avec ce qu'on va chercher à l'extérieur, on monte à 10 millions d'euros.
Quelles sont les priorités de ce nouveau mandat ?
Elles sont au nombre de six... Développer la compétitivité et la performance des entreprises, grâce à un accompagnement plus musclé sur le numérique, l'industrie du futur, la RSE ou encore l'international. Stimuler l'entrepreneuriat en accompagnant la création, l'innovation et le financement des entreprises. Soutenir le commerce de proximité avec une nouvelle offre d'accompagnement des commerçants. Renforcer la formation et aller plus loin pour répondre à la crise de recrutement en développant des formations adaptées aux besoins des entreprises, grâce à Purple Campus et Montpellier Business School. Valoriser le tourisme et le patrimoine. Et enfin soutenir les mutations industrielles et accompagner la montée en compétence de notre tissu industriel pour favoriser l'émergence de nouvelles industries, comme l'hydrogène sur l'ouest Hérault ou l'économie bleue sur le bassin de Thau.
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Une nouvelle vague Covid s'annonce. Êtes-vous inquiet ?
Il y a une inquiétude latente, c'est vrai, mais on espère que compte tenu du nombre de vaccinés sur le territoire, on va passer la vague. Je dis aux chefs d'entreprises de renforcer les mesures de prévention, mais je ne pousse pas spécialement au télétravail car j'estime que c'est le choix des entreprises et je sais qu'il est important, pour le lien social, que les gens se retrouvent. Mais si l'entreprise peut l'instaurer, elle doit être responsable et le faire autant que possible.
Les problématiques de recrutement concernent de nombreux secteurs (tourisme et restauration, agroalimentaire, bâtiment...) et freine la reprise économique. Que dites-vous aux chefs d'entreprise et que fait la CCI ?
Nous travaillons avec FaciliJob (en octobre, le Montpellier Handball et son partenaire AÉSIO mutuelle ont lancé Facilijob, plateforme d'aide à l'emploi de la région, en collaboration avec Montpellier Business School et la CCI de l'Hérault, NDLR). J'ai un slogan qui n'est pas de moi : "Tu sais, on te prend, tu ne sais pas, on t'apprend"... On peut faire matcher la demande et l'offre d'emploi via la formation, et c'est ce que nous ferons avec nos CFA. En 2023, nous créerons des formations pour les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie, de l'événementiel, et d'autres secteurs si besoin.
Avez-vous des ambitions à la CCI régionale, dont les élections auront lieu le 9 décembre (pour une installation au plus tard le 14 décembre) ?
Je suis en route pour Toulouse, justement, afin de rencontrer le nouveau président de la CCI Haute-Garonne, Patrick Piedrafita, et Alain Di Crescenso (actuel président de la CCI Occitanie, NDLR) pour évoquer la prochaine mandature. Je n'ai pas d'ambitions personnelles mais des ambitions pour la région. Si ça peut déboucher sur des ambitions personnelles, alors on verra...
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